Entrepreneur & Investisseur : de grosse similitudes

Warren Buffett disait qu’un entrepreneur, notamment en bourse, devrait normalement être un meilleur investisseur que la moyenne et qu’un investisseur devrait quant à lui être un meilleur entrepreneur que la moyenne. Voyons les raisons qui peuvent expliquer cela.

 

Un entrepreneur est un meilleur investisseur.

En bourse, il y a schématiquement d’un coté les gens qui voient plus le prix sur le marché et son évolution, et de l’autre ceux qui voient plus l’entreprise derrière avec son business :

 

  • Les premiers ont d’ailleurs souvent tendance à croire qu’ils savent ce que le prix va faire dans le futur. Ils pensent avoir une certaine expertise en prévision d’évolution des cours,
  • Les seconds quant à eux ont tendance à penser qu’ils n’en savent pas grand chose, en tous cas pas à court terme.
On réussit plus en bourse en apprenant à la seconde catégorie. Si vous n’en n’êtes pas convaincu, je ne peux que vous conseiller la lecture (ou relecture) de Investir en bourse : styles gagnants, styles perdants.
Or, il apparaît logique que ceux qui sont ou ont été chefs d’entreprise ou autres propriétaires de business devraient faire parti de la seconde catégorie. Ils devraient en toute logique mieux comprendre ce qu’est une entreprise et le fait d’être actionnaire. Ainsi, ils n’auraient ainsi par exemple avoir l’idée de revendre leur participation uniquement parce qu’on leur prévoirait qu’elle allait potentiellement valoir moins demain, sans rapport avec ce qui se passe dans ladite entreprise et sans lien avec la valeur réelle de celle-ci, pour pouvoir peut-être la racheter plus tard. Alors qu’ils ne toucheront aucun dividende pendant cette période où ils ne possèdent plus leurs actions, et que s’ils n’ont jamais l’occasion de racheter leurs parts à plus bas prix, toute la création de valeur future de la Société ne leur profitera jamais.

 

A noter que par mon observation, je remarque que si la logique commande bien qu’un entrepreneur soit un meilleur investisseur que la moyenne, ce n’est pas toujours le cas. Un certain d’entre eux plongent malgré tout à pied joint dans les pièges et échouent à  identifier en amont les investissements douteux et autres arnaques. Peut-être un problème similaire à celui des professions libérales (médecins etc.), qui par manque de temps (pour étudier ce qu’on leur propose) sont les pigeons préférés des vendeurs de ce styles de placements douteux ?

 

Un investisseur est un meilleur entrepreneur.

Un investisseur est habitué à étudier les entreprises de deux façons :

 

  • De façon qualitative, en sachant reconnaître si les entreprises disposent d’avantages concurrentiels ou non. Ou encore connaissant quels secteurs d’activité sont plus faciles que les autres, en comprenant les concepts de produits duplicables, de cross-selling, d’up-selling etc. En étudiant beaucoup d’entreprises, il finit par disposer dans son cerveau de beaucoup d’analogies de ce qui a fonctionné ou non.
  • De façon quantitative, en connaissant les ratios important. Notamment, au dela de la traditionnelle marge, les concepts de Return On Investment et de rentabilité des capitaux propres.

Ainsi, l’investisseur devenu entrepreneur essaiera de disposer d’un avantage concurrentiel en choisissant son secteur d’activité et le produit / service qu’il propose afin que les dés soient au départ pipés en sa faveur. Ou sinon, il sera au minimum conscient d’évoluer dans un secteur sans avantage concurrentiel. En tout état de cause, il devrait – contrairement à beaucoup de créateurs d’entreprises individuelles (y compris ceus ayant préalablement exercé à des postes de cadre dirigeant) être conscient de la différence entre se créer son job et créer une véritable entreprise.

De même, l’investisseur devenu entrepreneur aura conscience qu’il ne sert à rien de passer son temps à effectuer et remodeler des Business Plan dont rien ne garantit l’exécution future. Au contraire, il se concentrera plutôt sur la rentabilité de ses fonds propres et essaiera d’obtenir une marge d’exploitation supérieur à 5%, et de piloter « au jour le jour » les différents paramètres pour optimiser au mieux et continuer d’améliorer ces 2 éléments.

Enfin, un bon investisseur aura conscience de ce que lui a apporté sa propre-formation en bourse, il saura donc en général dupliquer la méthode en se formant au mieux pour apprendre à entreprendre plutôt que de sa lancer tête baissée dans sa création d’entreprise.

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