Placé à la frontière entre 2 mondes : un atout considérable ! (pensée du T1-2018)

Il arrive dans certains domaines que l’on se retrouve placé à la frontière entre deux mondes d’approches différentes, chacun d’entre eux ayant leurs atouts respectifs. C’est-à-dire que vous n’appartenez pas vraiment plus à l’une de ces populations qu’à l’autre, mais vous êtes vraiment placé entre les deux. Or, pour moi, chaque fois que l’on se retrouve dans cette situation particulière, nous disposons d’un énorme atout dont il faut savoir tirer parti.

 

L’exemple de la France, frontière entre le monde latin et anglo-saxon.

Par exemple, la France est à la frontière des mondes anglo-saxons et latins. Pour avoir travaillé dans un cadre de négociation avec des allemands et des espagnols,  on est face à 2 mondes opposés :

  • Les allemands sont rigoureux, mais ne présentent aucune souplesse. Si on part chacun d’une position différente avec celles-ci distantes de 2 pas au départ, et que le français choisit de faire un premier pas vers le centre attendant d’eux qu’ils en fassent de même pour trouver une solution raisonnable pour les 2 parties, souvent ils ne le feront pas… Au contraire, ils attendront que vous fassiez le pas supplémentaire vers leur position à eux : ils pensent que comme vous avez commencé à aller dans ce sens, vous devriez être capable de continuer (« Nein nous vouloir za comme za, nous zavons pourtant dézà ezpliqué za au début ! »). En tout cas c’est mon expérience personnelle ! Ce principe de négociation gagnant-perdant conduit souvent à des situations d’échec ou conflictuelles.
  • Les espagnols sont au contraire très souples, et souvent prompts à trouver des compromis, ou mêmes mieux à chercher des solutions gagnant-gagnant. « No Problemo ! » En revanche, leur rigueur est ensuite toute relative dans la phase de mise en forme contractuelle de ce qui a été négocié.

Les français sont un peu à l’intermédiaire entre ces deux mondes dans leur approche, et ont à mon sens un réel tort de ne pas savoir assez profiter d’un tel atout dans la société de plus en plus mondialisée actuelle !

L’exemple de la frontière entre deux générations.

Je suis pour ma part du tout début de la génération Y, fameuse génération qui était suffisamment jeune lors de l’introduction massive de l’informatique grand public, d’Internet et de l’électronique portable pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents (d’où le surnom de « Digital Natives»).

C’est-à-dire que j’appartiens à cette génération Y, et ai su profiter de l’avènement d’Internet, par exemple :

  • Pour savoir comment me former en bourse, trouver les forums de qualité qui m’ont permis de connaître les ouvrages à lire, et de m’isoler des théories fumeuses.
  • Pour apprendre des meilleurs sur n’importe quel sujet dès que j’avais besoin.
  • Pour lancer des mini-business à revenus passifs : par exemple ce blog, ou pour faire publier et connaître mes livres d’investissement…

J’ai donc su profiter des atouts d’appartenir à cette génération Y.

Mais je suis du tout début de cette génération. C’est-à-dire que quand j’étais au lycée, Internet n’était pas encore arrivé dans les foyers, j’avais 20 ans lorsque tout le monde a commencé à avoir un téléphone portable Nokia 3310 etc.

C’est-à-dire que contrairement à ceux nés au coeur ou à la fin de la génération Y, j’ai connu une époque où tout n’était pas disponible à portée de clic :

  • Où il fallait ramer à aller dans des bibliothèques quand on avait un exposé à faire pendant notre scolarité.
  • Où avec seulement 3 (puis 5) chaines de télé (et donc souvent des moments où rien n’était intéressant au programme) il fallait être créatif pour trouver comment s’occuper / s’amuser.
  • Où il fallait se casser les dents dans plusieurs magasins en rupture de stock avant de parvenir à se procurer un T-shirt ou un jeu vidéo devenu très à la mode. Ou où il fallait anticiper dès le matin si on voulait pouvoir lire l’Equipe un lendemain d’exploit d’une équipe française en coupe d’Europe sans avoir à courir chez 3-4 marchands de journaux quand on s’y prenait le soir (on n’avait pas la version numérique pour solutionner ça…)
  • Et je dirais même une époque où il fallait être inventif, en adoptant des méthodes de mafieux « sous le manteau », pour se procurer son premier porno…. 😉

Je me surprends d’ailleurs parfois à avoir une certaine nostalgie de tout ça !

Or, ceci fait que je suis aujourd’hui parfaitement conscient d’une part ce qu’est le goût de l’effort et d’autre part que le paiement de l’effort est parfois différé dans le temps. Alors que l’un des reproches souvent fait à la génération Y est au contraire de « toujours vouloir tout, tout de suite ».

Quand je me retourne en arrière, je me dis souvent qu’être né au début de cette génération Y, à la frontière avec la génération X qui l’a précédée, a été un énorme avantage pour moi, car j’ai su profiter de certains des atouts procurés par l’appartenance à cette génération, tout en ayant la possibilité de me soustraire à ses inconvénients majeurs.

L’investissement, frontière entre le salariat et l’entrepreneuriat ?

J’ai déjà fait souvent sur ce blog le rapprochement entre investissement et entrepreneuriat, notamment dans l’article  Entrepreneur & investisseur : de grosses similitudes ou 7 méthodes d’entrepreneurs applicables à l’immobilier.

Jack Ma, le fondateur d’Alibaba et homme le plus riche de Chine a dit :

« Si vous mettez des bananes et de l’argent devant des singes, les singes vont choisir les bananes parce que les singes ne savent que l’argent peut acheter beaucoup de bananes. En réalité, si vous proposez le choix entre des emplois ou des situations d’entrepreneurs aux gens, la plupart choisiront l’emploi car ils ne savent pas que gérer un business peut amener beaucoup plus d’argent qu’un salaire. Les profits sont mieux que les salaires : ces derniers peuvent vous faire gagner votre vie, alors que les premiers peuvent vous amenez une fortune »

Je pense qu’un investisseur, même s’il est salarié, a au moins conscience de ça, et qu’il ne choisirait pas les bananes… Il n’a juste pas franchi le pas de quitter le salariat pour l’entrepreneuriat, faute d’opportunités ou à cause des risques que ça comporte. Mais il a conscience des défauts du salariat, et a choisi de prendre les choses en main en devenant entrepreneur de ses investissements.

Or, cette situation de frontière entre 2 mondes peut comporter des atouts. Par exemple, un salarié a plus facilement accès au crédit qu’un indépendant, et donc il peut en profiter pour entreprendre dans des investissements immobiliers.

Conclusion.

Réfléchissez dans quel(s) domaine(s) ou quelle(s) situations vous vous trouvez vous mêmes à la frontière entre deux mondes. Une fois ceux-ci identifiés, prenez conscience que c’est un immense atout et tirez-en avantage !

Placé à la frontière entre 2 mondes : un atout considérable ! (pensée du T1-2018)
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One thought on “Placé à la frontière entre 2 mondes : un atout considérable ! (pensée du T1-2018)

  1. l'gevingey

    Il y a les conformistes, et les anti conformistes.
    Finalement, les sens est opposé, mais la direction est la même (si on fait une analogie avec des vecteurs).
    Hélas, c’est réducteur, caricatural, et surtout limitatif : pour ma part je me qualifie de para conformiste : je prends un peu de tout, jamais de l’absolu. Ce qui ne signifie pas que je détienne la vérité absolue, mais ça a le mérite de rendre les choses plus rationnelles, adaptatives, et surtout : permet plus aisément une certaine cohérence…

    Sinon, concernant le goût de l’effort, c’est quelque chose qui amplifie la sensation de récompense. Et puis surtout, d’avoir des difficultés permet de déployer l’imagination.
    Et l’imagination, je me demande si ce ne serait pas la pierre angulaire, le moteur de bien des choses…

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