Comment déterminer votre métier idéal ? (Pensée T1-2016)

La question du job idéal est dans l’esprit de beaucoup de personnes. Que ce soit au moment de choisir son métier lors de son orientation. Ou plus tard, lorsque vient l’impression que notre travail nous convient pas tout à fait, et que l’on recherche alors un idéal, ou tout du moins un métier plus épanouissant.

 

Trouver son métier idéal grâce au processus SPA : Sens, Atout, Plaisir.

Pour choisir le métier idéal, celui que vous adorerez,  dans lequel vous vous épanouirez, il y a 2 concepts qui bien qu’ayant des origines différentes, se ressemblent et se rejoignent.

Tal Ben Shahar considère qu’il faut trouver celui qui croise ce qui fait sens pour nous (le « S »), où nous prenons du plaisir (le « P »), et où nous avons des atouts (le « A »).

Le concept SPA rejoint en fait celui développé au siècle dernier par un éducateur japonais répondant au doux nom de Tsuneburo Makiguchi. Ce dernier expliquait que le métier idéal est celui qui combine à la fois la valeur économique (ce travail rapporte suffisamment d’argent), la valeur esthétique (on aime faire cette activité), et la valeur morale (on se sent utile pour la communauté).

Trouver un travail qui répond au Sens Plaisir Atout de Tal Ben Shahar ou qui combinent les valeurs économiques, esthétiques, et morales de Makiguchi (comme vous le voyez, les 2 concepts sont proches), et vous n’aurez plus l’impression de travailler un seul jour de votre vie !

Pensez à un moment où vous avez travaillé sur un projet que vous avez vraiment apprécié.

Il y a des chances que les gens étaient sympathiques, le travail était significatif, il vous a apporté du plaisir, et le challenge était assez fort pour que vous considériez avoir accompli quelque chose ayant une réelle valeur.

Quand un projet résonne en nous comme cela, nous mettons en oeuvre nos meilleurs efforts. Pourquoi? Parce qu’effectuer un tel travail est pure joie. En fait, il ne semble guère être du travail du tout !

Lorsque nous travaillons sur ces projets régulièrement, nous sommes heureux, nous sommes productifs, nous sommes optimistes, et nous sommes profondément engagés dans ce que nous faisons. Alors, comment pouvez-vous cibler les projets qui vous donneront ce type d’engagement?

Une façon de le faire est d’utiliser le processus Sens, Plaisir, Atouts (SPA) que nous avons évoqué. Dans cet article, nous allons discuter de ce qu’est le SPA, et nous allons voir comment vous pouvez l’utiliser pour vous rapprocher de votre idéal en augmenter la proportion de travail enrichissant que vous effectuez.

Le processus SPA a été créé par le professeur de Harvard et auteur à succès, Dr Tal Ben-Shahar, et a été publié dans son livre « L’apprentissage du bonheur« . Le modèle développe des idées issues des travaux de psychologie positive du Dr Mihaly Csikszentmihalyi.

Le travail de pionnier du Dr Csikszentmihalyi portait sur le concept de « flux ». Lorsque nous faisons un métier, un travail qui est à la fois significatif et difficile (une tâche assez difficile pour que nous soyons obligé de mobiliser le meilleur de nous-mêmes et de nos compétences, mais pas trop pour que ça reste accessible au prix de cet effort), nous glissons dans l’état de flux, nous perdons la notion du temps et notre sens de soi car nous nous concentrons uniquement sur la tâche à accomplir. Cela peut être extrêmement agréable et satisfaisant.

Le Dr Ben-Shahar a adapté ce concept et a créé le processus SPA comme un moyen pour nous de chercher des emplois, des projets et des tâches qui nous stimulent et nous engagent.

Avec le processus de SPA, pour vous rapprochez de votre choix idéal, vous vous posez trois questions cruciales:

  • 1. Qu’est-ce qui fait sens pour moi ?
  • 2. Dans quoi je ressens du plaisir ?
  • 3. Quelles sont mes forces ?

Quand nous faisons régulièrement des travaux qui combinent ces trois éléments, nous sommes beaucoup plus susceptibles de rentrer dans ces fameux états de flux et d’être heureux dans nos carrières.

Pour aider à découvrir ce qui vous fait sens pour vous, commencez par définir vos valeurs. Ce sont les principes directeurs qui façonnent votre comportement et vos jugements. Souvent, travailler sur des projets qui cadrent avec vos valeurs contribue à donner un sens à ce que vous faites.

Les valeurs ne peuvent être qu’une partie de ce que vous trouvez utile. Par exemple, vous pourriez trouver du sens en aidant les autres, dans l’enseignement d’une nouvelle compétence, ou dans l’encadrement de quelqu’un qui traverse une crise. Maintenant, pensez à d’autres tâches et des projets qui vous ont fait vous sentir bien. Que faisiez-vous pendant ces périodes ? Qu’y avait-il en particulier dans ces projets qui vous a fait vous sentir bien ?

Ensuite, notez les choses qui vous apportent du plaisir. Celles-ci ne doivent pas nécessairement être liées au travail. Vous pouvez aussi lister les loisirs, les intérêts, et tout ce qui vous apporte de la joie ou du contentement. Par exemple, vous pouvez inclure la lecture, l’enseignement, les voyages, ou encore la rencontre de nouvelles personnes.

Enfin, dressez la liste de vos points forts. Cela peut être  plus difficile qu’il n’y parait, car beaucoup d’entre nous prenons nos points forts pour innés (on y fait appel si facilement !). Vous pourriez ainsi avoir des forces dont vous ne réalisez  pas intuitivement qu’elles sont de véritables forces, telles que l’empathie, une attitude positive, ou la capacité d’apprendre les choses rapidement.

Si vous n’êtes pas sûr de vos points forts, demander à votre patron, à vos collègues, à vos amis ou aux membres de votre famille ce qu’ils pensent être vos points forts.

Ensuite, regardez vos réponses dans chaque domaine et explorez les éléments qui sont communs à chaque catégorie, ou qui se chevauchent en quelque sorte. Ces réponses qui se recoupent offrent des indications précieuses sur les tâches que vous trouverez les plus gratifiantes et stimulantes.

Par exemple, vous pourriez avoir énuméré les éléments suivants dans vos réponses (exemples issus du livre L’apprentissage du bonheur) :

s1

Si vous adorez écouter de la musique et que les émotions qu’elle véhiculent font sens pour vous (cf. figure ci-dessous), mais que vous ne savez pas jouer du moindre instrument et que vous avez une voix de casserole, vous aurez néanmoins quelques difficultés à en faire un métier !

Il faut donc ensuite trouver ce qui peut se chevaucher parmi les 3 listes :

s2

Dans l’exemple ci-dessus, c’est la partie liée aux enfants qui se chevauche clairement. Un métier d’institutrice remplirait donc parfaitement les critères SPA, et serait donc une vocation !

Le psychologue Amy Wrzesniewski distinguait 3 manières de vivre son travail :

  • Comme un simple emploi : il s’assimile ici à une corvée. Le seul élément important est d’ordre pécuniaire. On attend avec impatience le chèque de fin de mois, le week-end, ou les vacances.
  • Comme une carrière : il s’inscrit ici dans une logique de satisfaction via des facteurs extérieurs, tels que l’augmentation de salaire, le statut, le pouvoir, les avantages, etc. On travaille en fait pour avoir des promotions.
  • Comme une vocation : le travail est une fin en soi. Les motivations sont intrinsèques, en accord avec nos valeurs. On est passionné et on s’épanouit au quotidien. Nous nous sentons privilégiés et non contraints. Nous sommes ici proche de notre métier idéal.

Le processus Sens Atout Plaisir de Tal Ben Shahar ou les valeurs économiques, morales, et esthétiques de Makiguchi sont en fait des outils pour trouver  le job ou le métier idéal, celui qu’on saura vivre comme une vocation.

Nous pouvons utiliser ces outils de plusieurs façons :

  • Définir notre orientation (ou un changement de carrière) pour notre future activité professionnelle principale en tant que salarié.
  • Rester à notre poste de salarié, mais remodeler une partie de notre travail pour que plus de notre temps travaillé soit passé en accord avec notre profil SPA. Exemple : demander à être responsable ou participer à un projet qui fait sens pour nous si l’occasion se présente.
  • Créer une activité entrepreneuriale en accord avec notre profil SPA. Potentiellement une activité principale à temps plein, mais pourquoi pas une petite activité annexe secondaire ?

PS : si vous éprouvez des difficultés à remplir vos propres 3 cercles Sens Atouts Plaisirs pour déterminer votre job idéal, vous pouvez vous aider en effectuant le test abordé à la fin de l’article Vos forces et vertus personnelles spécifiques, car les forces que vous retrouverez en tête de liste seront logiquement celles mise en oeuvre à l’intersection Sens /  Atouts / Plaisir.

 

Comment déterminer votre métier idéal ? (Pensée T1-2016)
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7 thoughts on “Comment déterminer votre métier idéal ? (Pensée T1-2016)

  1. Elise17

    J’avais adoré votre série de 3 articles sur le bonheur de l’été 2014.

    Je redécouvre avec plaisir ce M.Ben Shahar que vous aviez déjà mentionné à cette époque. Et dans un domaine qui m’interroge aussi un peu ces temps-ci. D’ailleurs, je me reconnais pleinement dans « rester à son poste mais remodeler une partie de son activité à sa sauce pour qu’il colle au SPA « . J’ai déjà commencé à le faire et cet article m’encourage à poursuivre et aller plus loin !!

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  2. L'épervier

    Ben Shahar un peu , mais Makiguchi j’avais jamais entendu parlé

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  3. Mathieu
    Article très intéressant, merci.
    Et quel étonnement de voir la référence de Tsunesaburo Makiguchi ! Beauté, Gain et Bonté.
    C’est justement sur ces valeurs que je suis en train de réfléchir, après dix ans dans un métier.
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    1. Julien DelagrandanneJulien Delagrandanne Poster auteur
      Le cap des 10 ans dans un métier, c’est un peu symbolique (un peu peut-être comme certains parlent du cap des 7 ans d’un couple). Le moment où on commence à s’interroger. Ai-je fait le bon choix ? Et même si oui, suis-je encore prêt à faire cela ou qqch de proche 10 ans de plus ?
      Ravi d’avoir pu contribuer à votre réflexion.
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  4. Mathilde Bellefonds

    « Potentiellement une activité principale à temps plein, mais pourquoi pas une petite activité annexe secondaire ?  »

    C’est exactement ce que j’ai fait en montant un petit business de coaching. J’y passe + ou – 5 h par semaine, mais qu’est-ce que je m’éclate + que dans mon boulot classique !

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    1. Julien DelagrandanneJulien Delagrandanne Poster auteur

      Oui Mathilde.
      Je peux aussi effectivement appliquer cette phrase à moi même : ce blog que vous lisez, mes livres, même mes investissements où en fait je joue en quelque sorte un rôle de chef d’entreprise…peuvent rentrer dans cela.

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