Les millennials et l’investissement en bourse

Une étude récente a étudié le comportement spécifique des investisseurs millennials (génération Y, ou génération aujourd’hui âgée entre 18 et 38 ans), par rapport à celui des autres investisseurs, ou aux Boomers plus âgés. L’étude a porté sur 1000 sujets,  ayant chacun plus de 250 000 $ d’actifs à investir.

Méthode d’investissement.

Bien qu’il existe plusieurs domaines dans lesquels les conseillers peuvent potentiellement apporter une valeur ajoutée, les investisseurs millenials restent prudents vis-à-vis des conseils financiers humains; beaucoup préfèrent les portefeuilles générés par ordinateur. ou robo-advisors. Les jeunes de la génération Y ont au moins deux fois plus de chances que la moyenne des répondants de croire que les conseillers recommandent les portefeuilles génériques plutôt que de fournir des conseils personnalisés, et que les portefeuilles générés par ordinateur sont moins risqués et génèrent des rendements plus élevés que ceux gérés par des humains.

  • 66% des personnes de la génération Y connaissent au moins les robo-advisors, alors que seulement 4% des investisseurs des Boomers (âge >52 ans) connaissent le terme.
  • 71% des Millennials trouvent le conseil de ces robots très attrayant, et seulement 12% le trouvent «peu» ou «pas du tout» attrayant, alors qu’une grande majorité (82%) des investisseurs des Boomers trouve ce type d’investissement « pas du tout attrayant ».
  • 68% des Millennials utilisent actuellement ou sont susceptibles de recourir à des robos-advisors, alors que seulement 2% des investisseurs boomers tombent dans cette catégorie0

Espérance de gains, confiance, et vision de long terme.

  • Les investisseurs Millennials  allouent 30% en moyenne aux actions, contre 46% pour les générations plus âgées. En revanche, les millennials allouent une part 3 fois plus importante aux investissements alternatifs (17%) que les Boomers (6%).
  • Les Millennials s’attendent à gagner  13,7% par an en moyenne, alors que les Baby Boomers n’espèrent quant à eux que 7,7% . Les Millennials conservent par contre une allocation en cash nettement supérieure à celle des baby-boomers (25% contre 17%). Afin de concrétiser les attentes des millennials et de surmonter la réduction de rendement due à la part de cash plus importante, le reste de leur portefeuille devrait donc générer une performance moyen annualisée de 18,3%, soit nettement plus que la performance moyenne annualisée du S&P 500 sur les 15 dernières années (9,8%).
  • Les Millennials sont 2 fois plus enclins à se considérer comme « extrêmement » ou « très » compétents » en matière de bourse que la Génération X (38-51 ans), et 4 fois plus que les Boomers (>52 ans).
  • Environ deux tiers des Millennials définissent le long terme comme une période de moins de 5 ans, alors que seulement 21% des investisseurs plus âgés partagent cette opinion.

Mon impression sur cette étude.

Cette étude peut donner l’impression que les investisseurs millennials ont des attentes irréalistes sur la bourse. Or, plus les investisseurs sont jeunes, plus ils est logique qu’ils n’aient pas une expérience longue des marchés financiers et de la bourse.

Le problème peut être lié aux longues années de hausse régulière que l’on vient de connaître sur la dernière décennie : trop d’intervenants ont des résultats positifs en investissant au hasard ou en suivant tel ou tel sans faire d’analyse plus poussée que ça, et ont de facto ont une impression de facilité, et donc perception incomplète ou faussée de la réalité.

Celles et ceux qui ont vécu un ou deux véritables krachs en direct (2001, 2008) et en étant déjà investi (car si on n’a pas « skin in the game », c’est-à-dire son pognon en train de fondre comme neige au soleil devant soi, ça ne compte pas et cela ne fait pas une vraie expérience..), sont moins enclins à tomber dans ce genre de piège. Ils sont vaccinés des termes « valeur sûre », « action défensive », « action de père de famille », « objectif de performance de 15% annuel » et autres que l’on croise parfois dans la presse ou dans les discours des intervenants des forums.

Le jour où les investisseurs ayant une telle vision seront majoritaires pour le marché, on peut craindre que l’on ne sera alors pas loin du haut de cycle.

Quand à l’appétence des jeunes pour les robos-advisors , même si je suis moi-même du tout début de cette génération Y, je n’en suis pas fan, comme je ne suis pas non plus fan des ETFs, ou des investissements alternatifs comme le crowdfunding, et encore moins du bitcoin que j’avais considéré dans cet article comme une bulle…

Les millennials et l’investissement en bourse
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3 thoughts on “Les millennials et l’investissement en bourse

  1. Kevin

    Article avec lequel je suis complètement d’accord. Par contre, j’ai l’impression que ce sont des chiffres pour les Etats-Unis, j’aurais bien aimé avoir les mêmes données pour la France. Je pense qu’ici le nombre d’investisseurs en Bourse est beaucoup moindre que là-bas. S’éduquer en investissement est la meilleure chose à faire. Ce sont des milliers d’euros que l’on place souvent, alors autant consacrer un peu de son temps afin d’apprendre à le faire correctement. Et c’est une connaissance qui nous servira tout au long de la vie.

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  2. Julien DelagrandanneJulien Delagrandanne Poster auteur

    Oui, vous avez raison, on est sur des chiffres américains. On connait le peu d’appétence des français, y compris jeunes, pour la bourse.
    À titre d’anecdote, je le vois très bien si je compare les chiffres de ventes de mon livre sur l’immobilier et de celui sur la bourse, que le livre sur l’immobilier est très loin devant… 😉

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