Un placement plaisir, est-ce que ça existe ? (pensée du T3-2018)

Associer investissement et plaisir est-il possible ? Ou est-ce incompatible ? Doit-on séparer complètement les achats que l’on fait pour le plaisir (et que l’on doit alors considérer comme des dépenses), des investissements que l’on fait dans un but protection et la valorisation du patrimoine ? Ou peut-on combiner et associer les 2 ?

 

Quels actifs pour un placement plaisir ?

Commençant par lister quelques actifs candidats à cette association entre placement et plaisir. Nous nous nous questionnerons un peu plus loin dans l’article pour évaluer si ces 2 concepts sont compatibles. On peut par exemple citer comme candidats au placement plaisir :

  • Des voitures anciennes et de collection pour un passionné d’automobiles.
  • Des pièces d’or un peu + rares que les pièces boursables traditionnelles pour un passionné d’histoire.
  • Des oeuvres d’art pour un passionné d’art.
  • Des forêts pour un passionné de nature.
  • Des montres pour un passionné de mécanismes d’horlogerie.
  • Etc.

Les mauvaises façons d’associer placement et plaisir.

Si vous voulez associer placement et plaisir, vous devez avoir l’objet à disposition. Exit donc les objets que vous ne posséderiez qu’à travers un intermédiaire.

La première mauvaise façon d’associer placement et plaisir est d’utiliser le prétexte du fait que cela peut être un investissement pour justifier une dépense que vous ne voulez pas assumer. On peut citer à titres d’exemples :

  • Un objet (oeuvre d’art, voiture) dont vous justifiez l’achat par le fait que vous êtes convaincu que sa valeur va monter significativement, par exemple « vous êtes sûr que son prix aura doublé dans dix ans ».
  • Une résidence secondaire. On sait en effet qu’une résidence secondaire est en général un centre de coûts, et fait rarement un bon investissement immobilier. (Certes, si vous achetez en creux de marché une résidence secondaire, vous pourrez la revendre plus chère quand le marché immobilier sera en haut de cycle, mais vous auriez alors vraisemblablement fait encore mieux avec un achat puis une revente d’un bien immobilier locatif classique aux mêmes dates.).

La seconde mauvaise façon d’associer passion et plaisir est de prétexter le plaisir (et les connaissances issues de cette passion) pour se justifier et faire passer de la spéculation pour un investissement. Par exemple vous achetez un des objets précités parce que :

 « Sa valeur a déjà doublé ces 5 dernières années, et vous pariez que cette tendance de hausse de prix va continuer, car vous vous y connaissez un peu dans ce domaine (par passion historique). »

Les bonnes façons d’associer placement et plaisir.

La bonne façon d’associer investissement et plaisir est de regarder vers le bas plutôt que le haut. Si vous vous dites :

« Il y a peu de chances que le prix de ce que j’achète baisse beaucoup plus que son prix actuel (= je pourrai donc probablement le revendre plus tard sans trop de perte si je le désire), en attendant je vais en profiter car cet objet me fera plaisir, et si j’ai de la chance il prendra peut-être même de la valeur ».

…vous êtes alors sur la bonne piste pour rendre placement et plaisir compatibles !

On est donc en général sur des objets qui n’ont pas encore fait l’objet de spéculation. Si on veut prendre quelques exemples :

  • Un passionné d’automobile qui achète une voiture de prestige ou collection, parce qu’il estime qu’elle est arrivée à un plancher en termes de cote.
  • Un passionné d’histoire ou de numismatique, qui achète les différentes pièces Napoléon Or depuis le 1er empire tant que leur surcoût par rapport au prix de l’or qu’elle contienne n’excède pas par exemple 25%, (dans des phases de marché où le prix de l’or reste raisonnable).
  • Un passionné de nature qui achète des forêts à proximité de chez lui, à des moments où leur prix est historiquement peu cher ou relativement bas.

Conclusion sur la compatibilité entre placement et plaisir.

Voilà une thématique qui change un peu, comme quand nous nous étions essayé à discuter du lien entre argent et bonheur, article que je vous invite à relire. D’ailleurs, nous soulignions dans le dit article qu’il était prouvé que les expériences apportent plus de bonheur que les objets. Or, plusieurs des objets cités ci-dessus peuvent aussi être vus par le passionné comme des expériences (conduire la voiture, se promener dans la forêt, etc.).

En tout cas, c’est ma vision personnelle de la façon de séparer d’une part des placements qui allieront sincèrement investissement et plaisir, et d’autre part ceux qui prétendront allier investissement et plaisir mais ne seront que prétexte ou légère malhonnêteté intellectuelle.

Ceci dit, je conçois que cette vision soir très subjective et propre à chacun. Je vous laisse donc partager la vôtre dans les commentaires ci-dessous.

Un placement plaisir, est-ce que ça existe ? (pensée du T3-2018)
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2 thoughts on “Un placement plaisir, est-ce que ça existe ? (pensée du T3-2018)

  1. l'gevingey

    Bonjour Julien,

    Pour ma part,
    1) l’argent étant pour moi un simple actif qui permet, à l’opposé des autres, une pluri potentialité : je préfère gagner de l’argent qui me permet de me procurer ainsi qu’aux autres toutes sortes de plaisirs (mais pour moi les plus grands plaisirs sont toujours ceux que l’on peut se procurer surtout sans argent et qui se partagent)
    2) pour m’épargner toutes sortes de biais, je préfère dissocier investissement et affect. Ce pourquoi (pour la blague) j’ai choisi ma compagne… ^^

    Pour finir sur une note moins sérieuse, je citerai un illustre inconnu : « l’argent, je l’ai investi dans les voitures, l’alcool et les put*s. le reste je l’ai dépensé ».
    Comme quoi tout est relatifs…

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