Chercher à prédire la prochaine crise ou récession – Un jeu dangereux ?

Au fur et à mesure que des prévisions de récession ou de ralentissement économique pour l’an prochain font jour, nombre d’investisseurs essaient d’anticiper le moment du prochain krach boursier pour sortir leur billes au bon moment. Qu’en penser et que faire ?

 

Faisons simplement 2 constats et tirons-en une conclusion…

1. Les hausses des bourses se concentrent sur quelques jours.

Les fortes hausses des bourses ne se concentrent que sur quelques jours. Si vous êtes absent de la bourse (c’est-à-dire en cash) ces jours là, vous n’en profitez pas et il sera difficile de les rattraper. Timer le marché est donc toujours un jeu difficile…

2. La prévision des catastrophes.

Ceux qui jouent les prévisions des catastrophes en spéculant dessus et vendant à découvert, au-delà de l’aspect moral, ont un double écueil :

    • D’une part, ils ne doivent pas avoir raison trop tôt à cause des risques inhérents à la vente à découvert, notamment ceux d’appel de marge.
    • D’autre part, s’ils gagent beaucoup d’argent une fois (en ayant raison et ayant raison au bon moment), ils vont avoir à tendance à vouloir recommencer et penser que la prévision de catastrophe est le meilleur moyen de gagner de l’argent, alors qu’en pratique c’est rarement le cas.

Charlie Munger (l’associé de Warren Buffett) a ainsi souligné qu’en raison de la nature humaine, si quelqu’un gagnait de l’argent de cette façon, il essaierait vraisemblablement  de répéter sans cesse le même type d’investissement, ce qui pourrait être défavorable pour son portefeuille à long terme.

Si on prend l’exemple de Michael Burry le héros du film The Big Short qui a gagné de l’argent en achetant des CDS pendant la crise des subprimes, la prophétie de Munger n’a pas l’air loin de la vérité. Pour rappel, un CDS est une sorte d’assurance sur le risque de défaut. En payant une prime, l’acheteur encaisse une prime en cas de défaut sur les titres sous-jacents.

M.Burry avait pris des CDS sur des paniers de titres d’hypothèques titrisées, et quand les défauts sont survenus avec l’éclatement de la bulle des subprimes, ces CDS se sont révélés être des investissements très lucratifs. Toutefois, pendant les dix années après qui ont suivi (2009-2019), M. Burry a passé beaucoup de temps à craindre qu’une crise survienne çà nouveau, investissant ainsi dans l’or, les terres agricoles et l’immobilier, tout en loupant la hausse impressionnante du marché actions pendant cette décennie-là.

Et quand c’est le marché boursier lui-même qui prévoit la récession ? À ce sujet, il y a une « blague » financière que j’aime bien :

Le marché a prédit 11 des 5 dernières récessions ! C’est déjà mieux que la Fed qui en avait prédit aucune !

 3. Le propre de certaine des crises boursières ou financières majeures du passé, c’est qu’elles venaient de là où on ne les attendaient pas.

Si on ne sait pas d’où va venir la prochaine crise, c’est par définition difficile d’anticiper celle-ci…

4. Conclusion sur l’anticipation des crises.

Face à cette problématique et ces constats, je laisserai conclure l’investir en bourse de renom Peter Lynch :

« Beaucoup plus d’argent a été perdu par les investisseurs qui se préparent pour les corrections que par lesdites corrections ».

Les livres de Julien Delagrandanne :



 


One thought on “Chercher à prédire la prochaine crise ou récession – Un jeu dangereux ?

  1. Julien DelagrandanneJulien Delagrandanne Poster auteur

    L’ironie de l’histoire, c’est que j’écris en général mes articles (ou tourne mes vidéos) 2 mois à l’avance, c’est-à-dire 2 mois avant leur publication. Histoire d’avoir du stock et de ne pas avoir la « pression » du manque d’inspiration. J’ai donc écrit cet article il y a 2 mois à une époque où on ne parlait pas encore du coronavirus et on imaginait pas du tout que ce serait quelque chose comme ça le prochain truc qui menacerait l’économie !

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