S’inspirer des meilleurs fonds français

S’inspirer des gérants des meilleurs fonds français est une idée facile à mettre en oeuvre et permet d’identifier des actions potentiellement intéressantes. Piocher dans la constitution de ces SICAV est en effet un moyen de composer un portefeuille, les fonds PEA permettant de surcroît de trouver des titres éligibles à cette enveloppe.

Le palmarès des SICAV ne suffit pas.

Certains regardent les performances passés quand ils cherchent à établir un classement des meilleurs fonds. Même en établissant ce palmarès sur plusieurs années, ce n’est pas la méthode la plus efficace pour trouver les meilleurs. En effet, ces performances sont très variables d’une période à l’autre et il n’est pas rare que le fonds qui a côtoyé le premier quartile pour son rendement sur les 3 années passées truste le dernier quartile pour son rendement sur les 3 années suivantes. L’échelle de temps doit plutôt être d’une dizaine d’année, et surtout c’est la méthode d’investissement qui doit être jugée avant même le rendement historique.

Parmi les lecteurs d’Investir en bourse : styles gagnants, styles perdants, certains me disent que leur style naturel serait un style value bottom-up plutôt qu’un style GARP, mais qu’en pratique ils ne peuvent pas l’appliquer car ils n’ont pas les compétences adéquates en analyse d’entreprise.

A partir de là, 2 solutions se présentent à eux :

  • 1. Soit ils veulent acquérir ces compétences, et sont prêts à payer pour acquérir un service complet du type de celui offert par l’Investisseur Français qui leur permettra à la fois de se former et de recevoir des analyses value poussées leur aidant à constituer leur portefeuille.
  • 2. Soit ils ne le sont pas et s’inspirer des meilleurs fonds français revendiquant une philosophie d’investissement dans la valeur pour y puiser des idées peut alors être une solution. Elle a par ailleurs le mérite d’être gratuite !

En effet, ces fonds ciblent a priori plutôt des personnes qui ne font pas une gestion en direct de leur portefeuille boursier, et/ou qui souhaitent détenir leur avoirs en assurance-vie via des unités de compte.

Or, par obligation de reporting, ces fonds communiquent leurs principales positions dans leurs rapports trimestriels voire mensuels. Même si vous n’êtes pas au courant en direct de leurs prises de position, il arrive assez souvent que vous puissiez même les acheter avec un meilleur prix de revient que le leur. Et surtout, vous n’avez pas leurs contraintes de gestion (contraintes qu’ils s’imposent eux-mêmes ou qui s’imposent à eux, du type : ne pas détenir plus de x% du portefeuille sur une position, avoir un portefeuille réparti sur au moins 40 lignes etc.) comme boulet aux pieds ! Si on ajoute les frais en moins, on peut penser qu’un investisseur actif qui cherche à copier les meilleurs fonds français, peut potentiellement faire une performance meilleure que l’originale.

De plus, c’est une méthode qui se révèle efficace pour identifier des actions value éligibles au PEA (certains d’entre-vous en sont gourmands…), souvent des small-caps décotées.

Les 4 meilleurs fonds français

A mon sens, les meilleurs fonds français revendiquant une philosophie value sont :

  • Les fonds d’Amiral gestion, en particulier Sextant PEA et Sextant PME, dont vous pouvez lire les reportings mensuels et trimestriels ici. Parmi les principales lignes détenues à ce jour, on notera : Devoteam, Baidu (non éligible PEA), Viel & Cie, Groupe Guillin, Picanol, MGI Coutier.Vous noterez qu’on peut trouver des titres non éligibles au PEA dans le fonds Sextant PEA, car pour qu’un fonds soit éligible au PEA il suffit qu’il détienne 75% de titres éligibles : pour ceux qui n’ont pas une gestion très active, acquérir le fonds est donc un moyen détourné de mettre quelques titres étranger en PEA.
  • Les fonds Moneta, en particulier Moneta Micro Entreprises et Moneta Multicaps. Le fonds Micro Entreprise a la particularité d’être fermé à la souscription, car visant des nano-caps, il avait dès sa création un montant sous gestion maximal comme cible : on note d’ailleurs ici le sérieux et le coté atypique de la Société de gestion, qui ne cherche donc pas à maximiser sa collecte (et les frais de gestion associés) à n’importe quel prix. Bien qu’il ne prenne pas de nouveaux apports, ses principales positions restent connues via les reportings. Parmi les convictions actuelles de Moneta, on trouve Sanofi, Financière de l’Odet, Tessi, Parrot, Groupe Guillin, Amundi. Vous accèderez aux lettres trimestrielles en cliquant sur le nom du fonds sur le tableau de cette page.
  • Le fonds Indépendance et Expansion. Parmi ces principales lignes actuelles : Devoteam, Linedata, Groupe Guillin, MGI Coutier, Belier. Ses lettres mensuelles se trouvent ici.
  • Enfin, on peut ajouter le fonds HMG Découvertes, dont l’encours raisonnable lui permet d’être assez orienté sur les nano-caps

Voilà donc de bons fonds, dont les gérants adoptent une approche value bottom-up (se revendiquant parfois eux-mêmes à contrecourant de leurs collègues qui raisonnement moins à long-terme, bref en résumé des Outsiders dans leur domaine 😉 ) que pourront souscrire ceux qui ne gèrent pas en direct, et où ceux qui gèrent en direct pourront piocher quelques idées, dont de surcroît une bonne partie sera éligible au PEA. En effet, ces fonds étant gérés depuis la France, ils font logiquement une belle place aux titres français. Ils sont également disponibles dans certaines assurance-vie, si  outre la performances de ces fonds, vous voulez profiter des avantages successoraux de cette enveloppe.

La plupart de ces fonds ont un penchant naturel pour les small-caps, mais cela n’empêche pas d’y trouver de temps à autres quelques big-caps ou blue chips lorsque les gérants estiment que ces dernières peuvent être acquises à un prix plus que décent.

 

 

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