Avis sur le FIP Corse – produit de défiscalisation

On entend tout et son contraire sur le FIP Corse qui donne droit à une réduction d’impôt immédiat de 50% du montant investi (contrairement aux FCPI ou FIP IR classiques qui ne donnent droit qu’à 25%).

D’une part, certains prétendent que c’est un investissement tellement risqué que les 50% de réduction d’impôt sur le revenu ne sont pas suffisants. D’autres part, d’autres le qualifient d’affaire du siècle (mais nous savons que certains prennent tellement plaisir à bénéficier d’avantages fiscaux qu’ils oublient de faire attention au produit sur lequel ils investissent…).
Essayons donc de poser le problème de façon factuelle (et uniquement de façon factuelle).


Vous investissez 1000 € dans le FIP Corse. Vous allez payer 1035 € en moyenne (frais d’entrée compris).
L’avantage fiscal représente 50%*1035 = 518 €.
Votre investissement vous revient donc à 518 €.

On dit souvent que les frais de gestion annuelle « mangent » la performance sur les FCPI-FIP. Essayons donc de les « ôter » de notre investissement : ils s’élèvent ici à 3,5% et comptons que le produit sera remboursé après 8 ans. Ils représentent 1000-(100%-3,5%)^8*1000 = 248 €. Il vous reste donc 752 € d’investissement une fois que les gens qui dénichent les actions ont été payés.

Sur le FIP Corse, 40% du fond est placé en valeur monétaires « sans risques » soit 400 €. Cette part sans risque va rapporter des intérêts, qui viendront atténuer les frais sur cette partie. Celà étant dit, il est normal que cette part rapporte sur 8 ans pour éviter une érosion due à l »inflation; on ne prendra donc pas en compte ces revenus dans le raisonnement et on conservera le calcul de 248 € de frais susmentionné.

Vous obtenez donc pour 60%*752 = 452 € d’actions de PME Corses que vous payez 518-(400-40%*248) = 217 € soit 217/452= 48% de leur prix. Et vous obtenez ceci en échange d’un blocage de votre argent pendant 8 à 10 ans. Voilà enfin quelque chose de factuel !

Parlons contexte maintenant et passons donc temporairement du factuel à ma propre perception . Est-ce que c’est intéressant ? On peut supposer que les actions vont être achetées à un moment intéressant et donc à bon prix , puisque le FIP peut attendre jusqu’à fin 2010 pour boucler sa part PME Corse.

On peut donc penser que c’est un moment où la phase de déflation aura fait une bonne partie de son effet et que le coeur de la crise actuelle (encore légèrement sous-estimée en temps et durée par le consensus qui table sur une croissance de 0,5 à 1% à mon sens) serait sur sa fin – avant un retour de l’inflation et une crise plus légère (rebonds – remous). Mais d’une part, le FIP investit dans des actions non cotées dont la valeur et le juste prix sont moins réactifs et transparents que pour une action cotée, et d’autre part ce ne sont pas les actions Corses qui devraient profiter le plus en sortie de crise (plutôt actions matières premières).

En conclusion, si on reste uniquement sur le factuel, avec le FIP Corse, on place 40% de la somme versé en produits monétaires « sans risques » ET on achète des actions de PME Corses que l’on paye moins de la moitié de leur valeur (y.c frais de gestion annuels du fond ) en échange d’un blocage de son argent 8 à 10 ans.

EDIT 2012 : La donne a changé depuis cet article écrit en 2008 et les FIP Corse ont perdu leur intérêt. Avec désormais 38% de réduction d’impôts non applicable aux frais de gestion (au lieu de 50% sur le tout à l’époque de l’article), les conclusions de l’article initial ne sont plus les mêmes.
Et le cumul blocage des fonds 8 à 10 ans + univers d’investissement limité & risque associé font que le jeu ne semble plus en valoir la chandelle..
N’hésitez pas à parcourir les rubriques du menu du blog en haut de page pour trouver d’autres façons intelligentes de placer votre argent.

Avis sur le FIP Corse – produit de défiscalisation
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13 thoughts on “Avis sur le FIP Corse – produit de défiscalisation

  1. treffin

    source le blog de meilleursfcpi.com

    http://www.meilleursfcpi.com/blog/que-penser-du-fip-corse/#comments

    je pense effectivement que le spécialiste de ce genre d’investissement est VIVERIS MANAGEMENT qui est sur place à AJACCIO donc connait le marché qui a déjà collecter 15 M€ en 2007 et 10M€ en 2008, le partenaire de référence et la caisse d’épargne qui commercialise le FIP neoveris corse depuis 2007 .

    Viveris Management vient de réaliser trois investissements par l’intermédiaire de ces FIP corse durant le premier semestre 2009
    Le CPH à Ajaccio, groupe d’hôtellerie et de restauration.
    CA : 4,2 M€
    20 salariés
    Les FIP NEOVERIS Corse ont investi 2 millions d’euros dans le cadre de l’accompagnement au développement de cette entreprise dynamique
    Le Groupe RAFFALLI à Ajaccio, groupe de TP.
    CA : 20 M€
    140 salariés
    Les FIP NEOVERIS Corse ont également investi 2 millions d’euros pour soutenir ces projets
    CORSICA TRUCKS à Ajaccio, négoce de véhicules utilitaires
    CA 10 M€
    14 salariés
    Les FIP NEOVERIS Corse ont investi 1 million d’euros.

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  2. Marcel

    Bonjour
    votre analyse me semble juste ; je ne pense pas que le fip corse soit « l’affaire du siècle » mais mon objectif est de retrouver (au moins) ma souscription et avec l’avantage fiscal de 50%, le fip corse devient franchement intéressant.
    Les valeurs liquidatives sur 1 an et 2 ans des fip corses (Viveris et Vatel à ma connaissance) sont pour le moment stables et n’ont franchement rien à envier aux autres FIP… on verra bien dans quelque tems. De toute façon, cela reste des produits risqués.
    bonne journée

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  3. webmaster Poster auteur

    Selon moi, les investissements du FIP Kallisté ne souffrent pas de la comparaison par rapport à ceux de Viveris selon moi. Exemple : investissement dans une centrale photovoltaique, qui comme on le sait offre certaines garanties de rendement du fait de la réglementation en vigueur (audacieux cumul d’avantages)

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  4. Xavisan

    bonjour,

    La valeur placée sans risque est bien 40% de 752 soit 300 euros et non 400 ce qui veut dire que vous avez 452 d actions que vous payez 218 soit la moitié de la valeur et non le tiers!!

    Bonne journée

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  5. webmaster Poster auteur

    Bonjour,

    Votre remarque est judicieuse. A l’époque où j’ai écrit cet article, j’avais implicitement supposé que les frais ddes 40% « sans risque » seraient en grande partie couverts par le rendement des supports correspondants. Or,

    1. On constate que la part « sans risques » est géré prudemment en supports monétaires CT (REXP : rendement de 1,5%/an sur les 2 dernières années)

    2. Cela revenait à faire un raisonnement sans tenir compte de l’inflation, défaut récurrent des investisseurs particuliers français que je dénonce régulièrement…

    J’ai donc modifié l’article en conséquence, sur une base + proche de votre raisonnement.

    Merci pour votre lecture attentive !

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  6. webmaster Poster auteur

    Il y a désormais 38% effectivement et ils ne s’appliquent plus aux frais d’entrée. S’ajoute un univers d’investissement pus restreint (exemple : obligation d’achat photovoltaïque désormais interdite etc…) qui en fait un montage nettement moins sexy qu’à l’époque eu égard aux contraintes des FIP (non liquidité, durée de blocage…)^
    Avec les rabots successifs sur les niches, il ne reste plus beaucoup de moyen de défiscalisation efficace (comparativement aux contraintes supportées) aujourd’hui si ce n’est le déficit foncier…et la part fiscale supplémentaire ! 😉

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  7. chris

    4,75% de frais de gestion annuel (dont 3,8 récurrent) cela me semble énorme

    je pense que c’est la société de gestion qui gagne le plus, les épargnants ne s’y retrouvent que grace aux 38% de niche fiscale

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  8. webmaster

    Il est vrai qu’avec de tels frais de gestion, et en reprenant le calcul avec l’avantage fiscal 2012 (38% au lieu des 50% à l’époque de l’article), l’intérêt du placement est beaucoup moins évident aujourd’hui qu’à l’époque !
    En sus aujourd’hui, les frais d’entrée n’ouvrent plus à réducton d’impôt, certains placements intéressants (exemple : énergies renouvelables à tarif de revente subventionnés et garantis) ont été exclus du champs des possibilités du fonds etc…

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  9. damidd

    Bonjour,

    je reprends ce fil ancien en espérant que qql m’apporte une vision plus claire sur la FIP Corse. Selon mes calculs, par rapport à un placement de base, il vaudrait mieux tenter (c’est bien le terme) un placement FIP corse.
    Merci donc de commenter mes calculs et surtout mon scénario trop basique ?)

    01 . je place 1000 euros dans le FIP CORSE : – 1000 euros
    Frais de gestion 4.75%/ an soit 47.5€/an
    au final sur 8 ans : – 380 euros
    Sur les 1000 euros on peut considérer que je
    récupére les 40% monétaires soit : + 400 euros
    dans un scénario pessimiste, on peut considérer
    que les 60% restant perdent 30% de valeur : + 600*0.70% =420 euros

    Je bénéficie de 38% de réduction d’impôt : + 380 euros

    Total FIP corse : (-1000 – 380 + 400 + 420) + 380 = – 180

    02 . je place 1000 euros dans une assurance vie : -1000 euros
    Dans un scénario standard, mes intérêts net sont de 2.5%an
    je récupère 8 ans : 1000 *1.025^8 = + 1218 euros

    Je ne bénéficie pas de 38% de réduction d’impôt : – 380 euros

    Total assurance vie : (-1000 + 1218) – 380 = – 162

    Conclusion : on arrive à peu prêt à la même chose mais avec un scénario plutôt pessismiste pour le FIP CORSE.
    Mon raisonnement est il correct ? si oui, je crois que je tenterais ce FIP

    MErci
    Damien

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  10. webmaster Poster auteur

    Votre calcul est erroné puisque en quelque sorte vous comptez vos 380 € de réduction d’impôts 2 fois dans votre comparatif en les ajoutant d’une part à votre calcul de fIP comme « bénéfice de la réduction » et en les déduisant d’autre part du coté de l’assurance-vie comme « non bénéfice de la réduction ».
    Il faut vous contenter de les ajouter comme bénéfice au FIP.
    Clairement, dans votre scenario l’assurance-vie semble donc une meilleure option. Ce qui confirme ce qu’on disait plus haut. Avec désormais 38% de réduction d’impôts non applicable aux frais de gestion (au lieu de 50% sur le tout à l’époque de l’article), les conclusions de l’article initial ne sont plus les mêmes.
    Et le cumul blocage des fonds 8 à 10 ans + univers d’investissement limité & risque associé fait que le jeu ne semble plus en valoir la chandelle..
    Comme expliqué dans un article du menu « fiscalité » de ce blog, seul le déficit foncier semble être aujourd’hui un moyen de défiscalisation qui en vaille la chandelle…

    Répondre

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