Petite pensée T2 2015 : Mon programme pour 2017.

J’ai décidé changer les habitudes, et de m’amuser un peu pour la méditation de ce trimestre. Exit donc les thématiques habituelles des précédentes méditations, comme bonheur ou curiosité. Je vais vous proposer mon programme pour la présidentielle de 2017. Ce n’est peut-être qu’un exercice de style, mais si les futurs candidats – qui ont l’air du mal à en trouver – veulent y piocher des idées, qu’ils se sentent autorisés à s’y servir ! Et au cas où 500 maires auraient envie de me donner leur signature, qu’ils se signalent, entamer une petite campagne d’ici 1 an me changerait peut-être de mon quotidien… 😉

Préalable : Je ne sais pas moi-même si je suis de droite ou de gauche avec ces propositions. A vous de juger .D’ailleurs, c’est peut-être ni l’un ni l’autre car je me dis parfois ces temps-ci que quitte à choisir un Président sans charisme on aurait pu essayer Bayrou, et peut-être avoir de bonnes surprises. Le but de cet article n’est en aucun cas de faire de la politique politicienne ou de soutenir tel ou tel parti, le blog souhaitant garder une certaine neutralité à cet égard.

Mon programme pour 2017

A. Le constat

Mon pays, la France, est en train de se couper en deux, avec :

  • D’un coté, une moitié qui se bunkerise de plus en plus de peur de perdre ce qu’elle a.
  • De l’autre coté, une moitié qui perd l’espoir, et tend à s’appauvrir.

L’élastique entre ces 2 moitiés n’a pas encore craqué, mais sa tension doit retomber pour que la France avance et reste un grand pays.

Dans l’Histoire, La France a la plupart du temps attendu d’avoir un genou à terre pour se relever et surprendre. Je rêve d’une France où toute l’énergie qui est actuellement dépensée tantôt à craindre tantôt à jalouser son voisin, ou à débattre du plat qu’a mangé tel ministre à midi, ou encore à chercher midi à quatorze heures sur un sujet futile et éphémère, serait plutôt utilisée à entreprendre, à pérenniser ce qui fonctionne, et à changer ce qui ne marche pas… Passons donc au programme :

B. Les propositions

1. Vision à long terme.

Rétablir la durée du mandat présidentiel à 7 ans avec mandat unique non renouvelable.

Nous savons tous que le quinquennat était une manoeuvre chiraquienne pour ne pas apparaître potentiellement trop vieux en fin de mandat et pouvoir se représenter. Résultat : il a tué toute vision à long terme du Président, qui au bout de 2 ans de mandat pense déjà à sa potentielle réélection.

Avec le mandat unique de long terme de 7 ans, le problème serait solutionné. La question restante : la Société moderne de l’immédiateté serait-elle prête à élire à nouveau un président intuitif dans la lignée des De Gaulle, Pompidou, Giscard, ou Mitterrand ou resterait-elle dans la mode des sensitifs qui les ont suivis ?

2. Rendre moins hermétique la frontière entre ceux qui sont « dans le système » et « hors du système ».

Logique sous-jacente : le dialogue social renforce le caractère hermétique de cette frontière, puisque les syndicats ont vocation à protéger les salariés en poste et ne considèrent pas les chômeurs.

  • Réduire le clivage CDI, non-CDI pour l’accès à l’immobilier. Mention rayée sur les bulletins de salaire, interdiction pour les banques de tenir compte de ce critère pour accorder des crédits (épargne, qualification, et revenus des derniers mois ou de l’année précédente seraient les critères d’évaluation autorisés).
  • Réduire le clivage jeunes-seniors. Les jeunes paient la double peine : la génération précédente s’est enrichie à crédit, la crise actuelle faisant payer en termes d’emploi  les excès passés à la jeune génération, et la génération des seniors lui revend de surcroît à prix d’or l’immobilier qu’elle a acquis à prix d’ami. Proposition (non populaire auprès d’un électorat vieillissant) : réduire les retraites au-delà d’un certain montant, réduire les charges pour les emplois des moins de 30 ans.
  • Créer un syndicat des chômeurs. Non seulement les syndicats actuels sont peu représentatifs des salariés, mais en sus ils n’ont aucune vocation à réformer, puisque ils représentent ceux qui sont déjà salariés et n’ont aucune vocation à faciliter l’accès ou le retour à l’emploi. Créer un syndicat des chômeurs rétablirait un équilibre plus juste pour les négociations en vue de réformes.
  • Pourvoir le maximum d’emplois publics sur concours pour éviter les phénomènes de piston.
  • Réduire pendant un temps les charges lorsqu’une entreprise embauche un chômeur de plus de 6 mois.
  • Réduire le clivage entre emploi public et privé là où existent des abus manifestes, exemple : il est difficile d’expliquer le taux d’absentéisme nettement supérieur dans le public par autre chose que des règles du jeu différentes à celles du privé.

3. Favoriser l’emploi et l’entreprise

  • Suppression des effets de franchissement de seuils de représentativité pour les seuils franchis pendant les 3 prochaines années avec engagement de non-rétroactivité de l’Etat pour les 20 prochaines années.
  • Fusion de tous les organes de représentation en 1 organe unique.
  • Création d’une parade aux fonctionnaires trop zélés qui freinent l’entrepreneuriat (rétention d’autorisation etc.). Création d’une cellule de médiation à saisir par les entrepreneurs en cas d' »entrave à l’entrepreneuriat ».
  • Réduire la problématique du volontariat « seulement théorique » du travail du dimanche dans les zones touristiques en proposant des contrats « dimanche uniquement » aux étudiants uniquement (ce qui les aide par ailleurs à financer les études avec moins d’inconvénients que des jobs du soir) plutôt qu’aux salariés en place. Hors zones touristiques, gardons un aspect social et familial et encourageons les gens peuvent à faire leurs achats d’autres jours que le dimanche…
  • Faire qu’employer un salarié ne soit plus vécu comme un risque mais plutôt comme une opportunité pour les entrepreneurs individuels et les TPE. Différencier les risques/conséquences d’un licenciement entre ces entreprises et des grandes entreprises qui ont quant à elles des moyens et des avocats pour gérer ce type de contentieux. Donner un coup de pouce aux entreprises qui passent de 1 à 2 personnes, par exemple avec un taux d’I.S réduit pendant x années.
  • Plafonner l’éventuelle indemnité prud’homale à un certain niveau prédéfini, afin que les entreprises connaissent ex-ante le risque maximal qu’elles prennent en recrutant un salarié si qqch venait ensuite à mal se passer (et ainsi contrer leur frilosité à l’embauche).
  • Prendre en compte et accompagner les travailleurs indépendants. La mutation de la Société fait qu’il y en aura de plus en plus, choisi (pour la liberté), soit subi (car les opportunités se seront trouvé là). Il faut veiller à ce que le fossé entre les avantages des salariés des grands groupes et les travailleurs indépendants ne se creuse pas encore plus.

4. Administration locale / Décentralisation

  • Oublier les Grandes Régions. Conserver les Anciennes Petites Régions, mais supprimer les départements. Sans la pression des lobbys locaux qui veulent garder leur représentation, c’est la solution la plus pragmatique : réduction des coûts tout en conservant une proximité réelle.
  • Réconcilier l’immigration (choisie plutôt que subie) avec la redynamisation des campagnes. Il existe de demandeurs d’asiles qualifiés (médecins, avocats) que la France accueillait autrefois et refuse aujourd’hui. Associer une immigration choisie à une obligation d’installation dans les zones rurales (par exemple, pendant les 10 ans suivant l’entrée dans le territoire) serait une idée pour redynamiser ces régions, et créer parallèlement de la croissance au niveau national.
  • Responsabilisation au niveau de la gouvernance des collectivités territoriales. S’inspirer des principes de l’entreprise où les erreurs de gestion des managers se payent cash : interdiction de se représenter pour le maire et les adjoints qui ont augmenté le budget de fonctionnement de + de x% au cours de leur mandat.

5 Fiscalité.

  • Veiller à limiter les « incitations négatives » des subventions. Exemple : il est parfois à la fois plus rentable et moins risqué en France d’investir dans un mécanisme qui vit de subventions que de créer de réelles entreprises avec des perspectives de développement. C’est peut-être cet argent qui a une époque aurait pu aller dans le financement d’embryon de mastodontes numériques.
  • Inciter à l’investissement en limitant au maximum les changements de règles en cours de partie et donnant de la visibilité. Tendre vers un fonctionnement où à terme les règles fiscales seraient validées par plan quinquennal (voire plus) et non modifiées dans l’intervalle.
  • Avoir un impôt sur le revenu logique, qui ne pénalise pas le travail. Les aides perçues (logement, chômage, allocations familiales etc.) doivent être comptabilisés comme des revenus perçus au même titre que les revenus du travail, et les taxes d’habitation doivent pouvoir être déduites afin de ne pas payer d’impôt sur un revenu dont on n’a pas bénéficié. Réflexion sur la création d’une seule aide unique (quitte à avoir un calcul complexe à plusieurs critères) en remplacement du millefeuille actuelle d’aides (logements, familiales etc.) avec guichet unique.

6. Education

  • Ecole primaire : Laisser l’initiative de la méthode aux professeurs, leur donner juste le but. Les professeurs des écoles sont des gens diplômés, assez intelligents pour voir ce qui fonctionne ou pas comme méthode d’apprentissage, et en tout cas sûrement mieux que le ministre.
  • Réformer l’enseignement de l’économie à l’école. Elle doit devenir une matière obligatoire, importante, qui enseigne autant l’entrepreneuriat que les sciences sociales. Augmenter les interactions entreprise-école dès le collège et le lycée.
  • Donner des perspectives aux zones sensibles. Création d’une voie d’admission parallèle pour accéder à des classes préparatoires ou Grandes Ecoles avec des concours basés plutôt sur la logique ou les capacités rédactionnelles que les pures connaissances, témoignages organisés d’entrepreneurs issus des quartiers qui ont réussi (en dehors de la musique et du foot…). Création de bibliothèques dans les quartiers sensibles etc.
  • Créer des formations spécifiques professionnalisantes sur des niches à débouchés conçues spécifiquement pour les diplômés post-bac des filières à faibles débouchés (ou qui souffrent d’un équilibre défavorable (psycho, lettre etc.)). Ceci limiterait d’une part ce gâchis de talent typiquement français (car ils sont souvent sous-employés) en créant des offres répondant à des besoins, et libérerait d’autre part des postes pour des jeunes moins diplômés.

7. S’affranchir des lobbys.

  • Lister quelques propositions clés de réforme dont la nécessité parait depuis longtemps évidente (hors point de vue des lobbys) dans une lettre de mission présidentielle dès la campagne. Ecrire noir sur blanc qu’en cas d’élection, ces réformes seront effectuées par décret dans les 4 mois suivant l’élection présidentielle. Tout lobby voulant intervenir apparaissant alors nécessairement comme antidémocratique.

 

Voilà pour mon programme 2017. Je ne sais pas si vous le jugerez de droite, de gauche, ou populiste. Moi, en me livrant cet exercice pris au départ comme quelque chose de ludique, j’ai juste l’impression que sa différence réside dans son pragmatisme et le fait qu’il ne sert aucun lobby. Je vous laisse le compléter à votre guise avec vos propositions si le coeur  vous en dit… 😉

Petite pensée T2 2015 : Mon programme pour 2017.
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6 thoughts on “Petite pensée T2 2015 : Mon programme pour 2017.

  1. l'gevingey
    -« dématérialisation » du candidat aux élections, avec présentation des idées justifiées sans blabla et un N° de candidat sans nom, image ou discours (si c’est une femme moche, handicapée ou même, soyons fous, noire, qui a le plus de propositions saines et efficaces, ce n’est que le jugement de ses idées et rien d’autre qui trancherait).
    -possibilité, quand je vois par exemple sur des blogs ou des forums, le nombre, hélas d’anonymes qui ont d’excellentes et nobles idées, de pouvoir les exposer directement aux dirigeants qui pourraient s’en inspirer. pas cet ersatz de possibilité d’écrire à une corbeille qui embauche des fonctionnaire n’ayant pour mission que de la vider…

    bref, permettre à de vraies intelligences, pas forcément diplômées, et encore moins formatées par ces formations (voyez le lien étymologique), d’apporter quelque chose…

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  2. Julien DelagrandanneJulien Delagrandanne Poster auteur
    Bonjour l’gevingey,

    Je ne le connaissais pas quand j’ai écrit cet article, mais j’ai vu que sous l’inspiration de Jacques Attali, un site « www.france2022.fr »avait été lancé.
    L’idée sous-jacente est que chaque français puisse apporter ses idées avant qu’une synthèse ne soit faite, pour que, je cite, « les idées pour l’avenir passent avant les hommes et les postures ». On verra bien ce que ça donnera, mais l’initiative n’est pas mauvaise à mon sens…

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  3. Lucccio

    Moi je dirais que c’est le programme de qqn aux idées plutôt à droite, mais qui n’aime pas l »injustice. non ?

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  4. Arthur
    Mitterrand avait déjà compris dans son testament politique que le rôle de Président allait vite être galvaudé :

    « En fait je suis le dernier des grands présidents » Il me dit ça vite, dans un mélange de pudeur et de grandiloquence. Comme s’il craignait que je le prenne pour un vieux fou, il tente de rationaliser l’aveu qu’il vient de me faire: « Enfin, je veux dire le dernier dans la lignée de De Gaulle. Après moi, il n’y en aura plus d’autres en France… À cause de l’Europe… À cause de la mondialisation… À cause de l’évolution nécessaire des institutions… Dans le futur, ce régime pourra toujours s’appeler la Vème République… Mais rien ne serra pareil. Le président deviendra une sorte de super-Premier ministre, il sera fragile. »

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