Pensées limitantes, Mentalité d’abondance, et Moi du Futur (pensée T3-2016)

Dans la méditation de ce trimestre, vous n’aurez pas droit qu’à une seule thématique, mais à 3 courts sujets : les pensées et croyances limitantes, la mentalité d’abondance, et le « Moi du Futur ».

1. Les pensées et croyances limitantes

Qu’est-ce qu’une croyance limitante ?

C’est penser qu’on est incapable de faire quelque chose et donc ne pas tenter sa chance. Une pensée limitante est au départ une croyance, qui au fil du temps est une affirmation que nous avons a fini par ancrer en nous et qui nous empêche d’accéder à notre potentiel maximum.

« Tous ceux qui ont accompli de grande chose étaient des rêveurs », Orison Swett Marden

La structure d’une pensée limitante se présente en principe de la façon suivante :

  • « Je suis trop / pas assez  xxxxxxx pour faire / réussir cela ».
  • « J’aimerais bien faire cela mais ce n’est pas fait pour des gens comme moi / c’est trop tard / je n’en suis pas capable ».

Certaines de nos pensées limitantes ont été programmées en nous par notre environnement, nos parents, ou notre milieu social dès le plus jeune âge. D’autres sont le fruit de notre expérience, comme un échec (ou des échecs successifs) dans un domaine précis, où nous finissons par penser que nous continuerons à échouer quoiqu’il arrive.

Ainsi, une pensée limitante est plus ou moins consciente, et vous contraint plus ou moins implicitement dans votre manière d’agir ou réfléchir. Comme elles s’appuient néanmoins sur du vécu, ou un fond de vérité sur la cause*, nous pouvons éprouver des difficultés à les identifier pour les isoler et nous en débarrasser.

*Exemple : « Je viens d’un milieu familial où personne n’a jamais trop eu d’argent, mes fins de mois seront donc aussi difficiles ». La cause est vraie (le milieu familial pendant l’enfance était bien tel qu’énoncé), mais la conséquence qui constitue ici une pensée limitante n’a quant à elle pas de réalité tangible. Sans remettre en cause le fait que ce sera sûrement plus difficile que pour un « fils à papa », il ne devrait pas y avoir de fatalisme ici, et la systématisation de la relation de cause à effet constitue donc une pensée limitante.

Les croyances limitantes servent souvent d’excuse pour ne pas agir :

  • « Si je me lance dans ce travail, il faut que ce soit soit parfait » -> C’est comme cela que j’aime faire les choses. Mais là, je n’ai pas assez de temps donc je ne me lance pas.
  • Quand on monte trop haut, on finit par tomber. -> Je n’ai pas envie de me faire mal, donc j’entreprends rien (même si ça pourrait au moins un temps me faire monter haut)

Comment se débarrasser de nos pensées limitantes qui nous empêchent d’avancer ?

La première étape est d’en prendre conscience et de les identifier. Quand l’ennemi est identifié, il est plus facile à combattre. J’espère qu’en vous faisant découvrir le concept, mon article pourra vous être bénéfique en ce sens.

La seconde étape, le traitement de choc, est d’imaginer et de visualiser votre réussite. Même si cela ne chasse pas totalement le scenario « pensée limitante pessimiste » de votre cerveau, votre esprit se sera ainsi ouvert à son alter ego optimiste, et les effets sur votre inconscient de votre croyance limitante en seront amoindris.

« Tout ce que l’esprit peut concevoir et voir, il peut le concrétiser », Napoleon Hill

La troisième étape, le traitement de fond, consistera à vous entourer de gens positifs. Tout le monde a en effet des croyances limitantes, mais à des degrés très variés selon les personnes. Quand on observe son entourage, on constate que certaines personnes aiment croire à l’impossible (1er groupe), alors que certaines autres se concentrent systématiquement sur ce qui pourrait échouer (2nd groupe).

Mon naturel me ferait plutôt pencher dans la première catégorie (en tout cas à l’âge adulte car j’avais plus de pensées limitantes jeune). Après tout, et pour prendre un exemple qui vous parlera, combien de personnes m’ont dit quand j’écrivais mes livres que « je m’embêtais bien à travailler là-dessus si c’était pour au final n’avoir que 3 lecteurs » ? Cela ne m’a pas arrêté pour autant, et quelques gros milliers de livres vendus plus tard, j’écris l’article que vous êtes en train de lire… Pourtant, à cause de quelques aléas de la vie, je me suis retrouvé il y a quelques temps dans ce second groupe, celui prompt à avoir des pensées limitantes.  En effet, faisant face à problème de santé chronique (censé n’être pas très grave mais qui m’a quand beaucoup gêné au début, un peu moins maintenant), je me suis convaincu que cet état rendrait de toutes façons certaines choses précises impossibles. Oui, c’était une pensée limitante… Le souvenir de cette façon de penser était pour moi assez lointain, puisqu’il remontait à mes jeunes années : elle s’est douloureusement rappelé à ma mémoire quand je me suis  rendu compte a posteriori comment la frustration de ne pas avoir tenté sa chance est bien plus difficile à accepter que la frustration d’un échec après avoir essayé. La film « qu’est-ce qui se serait passé si… ? » qui tourne en boucle dans votre esprit vous ronge à petit feu… Alors que tomber en essayant d’escalader peut certes nous faire aussi de grosses bosses, mais au moins vous ne pouvez pas vous en vouloir à vous-mêmes, et cela constitue une réelle différence.

Il est donc bien plus appréciable de faire partie du premier groupe, ceux qui ont le moins de pensées limitantes. Or, on finit par devenir comme son entourage, certains disent même que nous sommes la synthèse des 6 personnes avec qui nous passons le plus de temps. C’est pourquoi il est utile de s’entourer de gens positifs, à faibles pensées limitantes, pour finir par vaincre les nôtres.

2. La Mentalité d’abondance

La mentalité d’abondance consiste à accepter que tout le monde peut accomplir ses rêves sans qu’il y ait conflit, ou compromis insatisfaisant. La mentalité d’abondance permet de croire qu’il est possible de raisonner gagnant-gagnant, et fait agir dans ce sens. D’un autre côté, une mentalité de l’abondance vous dit qu’il existe toujours de nouvelles possibilités.

Les gens qui ont une mentalité d’abondance semblent de moins en moins nombreux. La plus grande partie de la société semble construite autour d’une mentalité de la pénurie. C’est une mentalité qui dit aux gens que la vie est incomplète, que les occasions sont rares et peu nombreuses. Elle est utile à la Société de consommation, car in fine elle incite à consommer.

Les personnes qui ont une mentalité de la pénurie pensent gagnant-perdant, ils supposent donc que si les autres ont plus c’est qu’eux ils auront nécessairement moins. C’est pourquoi ils ont aussi tendance à juger leur réussite en se comparant aux autres, en regardant ce que les autres ont et qu’ils n’ont pas. Au contraire, les personnes qui ont une mentalité d’abondance jugent leur réussite eu égard à la désir profond, peu importe que le voisin ait échoué ou réussi encore mieux qu’eux.

Cela me fait penser à la fameuse citation de Buffett, les personnes avec une mentalité d’abondance préfèreraient la première option, mais les gens ayant une mentalité de la pénurie (s’ils sont honnêtes avec eux-mêmes…) opteraient pour la seconde.

«Que préféreriez-vous ? Être le meilleur amant du monde, mais que tout le monde pense que vous êtes le plus mauvais, ou bien le pire amant du monde mais que tout le monde croît que vous êtes le meilleur ?», Warren Buffett

Il est difficile de se comprendre entre d’une part des personnes ayant une mentalité d’abondance, et d’autres part des personnes avec une mentalité de pénurie, et cela peut être source de conflits. Je suis bien placé pour le savoir, car si on prend les représentants dans le cocon familial où j’ai grandi, mon père et moi (enfin surtout moi comme dirait un certain J-C Dusse^^) aurions plutôt tendance à avoir une mentalité d’abondance, quand ma mère et mon frère auraient quant à eux une mentalité de pénurie. Et ce simple état de fait peut suffire à expliquer de nombreux conflits et incompréhensions. Imaginez deux minutes : quelqu’un qui passe son temps à avoir faire peur de ea faire léser aura vite des réactions épidermiques sur tel ou tel sujet, ce que n’arrivera pas à comprendre une personne avec une mentalité d’abondance.

Et vous, avez-vous plutôt une mentalité d’abondance ou une mentalité de pénurie ?

3. Le Moi du Futur

J’ai souvent tendance à estimer les cadeaux ou emprunts que je fais à Mon Moi du Futur. Il semblerait que recourir souvent à un tel type de raisonnement soit quelque chose de propre aux personnalités intuitives (seulement 25% de la population), qui contrairement aux sensitifs « prennent leur information » en fonction de ce qu’ils imaginent qui va se passer dans le futur, plutôt qu’en se rattachant à des éléments passés (ou présents). Mon Moi d’aujourd’hui fait certaines choses, en espérant que mon Moi du Futur les recevra comme un cadeau, et il en évite d’autres craignant que Mon Moi du Futur les voit comme une entrave ou un poids lorsqu’il se retournera vers son Moi du Passé. Ainsi, Mon Moi d’aujourd’hui constate quant à lui les cadeaux que lui a laissés mon Moi du Passé : par exemple, le Julien de 2016 remercie le Julien de 2008, des investissements qu’il a effectués, et grâce à qui les choix professionnels du Julien 2016 peuvent aujourd’hui être plus libres, et sont moins effectués sous la contrainte extérieure.

On est aussi dans l’opposition entre celui qui va continuer à apprendre en permanence et celui qui va s’arrêter dès les études terminées, entre celui qui va fumer comme un pompier sans penser au lendemain et celui qui va faire des choix en ayant sa santé future dans un coin de la tête (même si malheureusement la vie peut être parfois injuste, et ce type de précaution ne suffit pas toujours).

Par exemple, sacrifier une année pour faire des études contraignantes et chronophages, c’est se priver ponctuellement de moments de fête avec les copains, mais c’est faire un cadeau à son Moi du Futur, qui pourra ainsi espérer aller vers une voie professionnelle plus épanouissante car il aura « eu le choix ». En revanche, contracter une dette revolving et la perdre au poker, ce serait faire un emprunt à son Moi du Futur.

La personne qui est dans l’état d’esprit de penser à son « Moi du Futur » aura un avantage sur celui qui n’en tient aucun compte. Le Moi du Futur du premier sera gâté, un peu comme un enfant le serait par un parent, alors que celui du second passera son temps à corriger les erreurs de son Moi du passé.

Une des choses qui m’étonne le plus autour de moi est l’incapacité de beaucoup de gens à assumer et endosser leur responsabilité. Encore pas plus tard qu’ hier, un papy payait devant moi sa « prune » au bureau de tabac : il m’a fait attendre 5 minutes derrière ne serait-ce que par ses complaintes auprès de la buraliste, comme quoi « c’était pas normal, il avait rien fait ». Je me prends pas mal de « prunes » ces temps-ci (la loi des séries…), certes ça m’énerve, je me dis « M**** ils m’ont ramassé » quand je la découvre dans mon courrier, mais je n’ai pour ma part aucun mal à admettre que je suis responsable d’avoir roulé (un peu) trop vite.

Pourtant si ces gens étaient capables de reconnaître que dans certaines situations déplaisantes dans lesquelles ils se retrouvent, le coupable n’est ni la Société, ni le voisin, ni les politiques, mais bien leur Moi du Passé, ils pourraient être capable de corriger le tir à l’avenir. On ne choisit ni nos parents ni où nous naissons, mais arrivé à un certain âge, une part significative de nous-mêmes a été constituée par les décisions et actes de notre Moi du Passé. Mais si vous êtes incapables de le reconnaître, vous n’aurez aucune chance d’avoir l’envie de devenir le généreux bienfaiteur que votre Moi du Futur mérite !

En résumé, limitez et chassez vos croyances limitantes, ayant une mentalité d’abondance, et raisonnez avec votre Moi du Futur en tête, et vous vous sentirez mieux, et serez plus efficace dans divers domaines.

Pensées limitantes, Mentalité d’abondance, et Moi du Futur (pensée T3-2016)
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2 thoughts on “Pensées limitantes, Mentalité d’abondance, et Moi du Futur (pensée T3-2016)

  1. Tanguy
    Hello Julien,
    merci pour cette pensée éclairante. Tout à fait d’accord avec ton analyse. C’est fou de voir comment beaucoup de gens accusent les « autres » ou le « système » de tous leurs malheurs
    Et pendant ce temps la une minorité se bouge, crée de nouvelles activités (même petites) de la richesse et in fine de la joie de vivre… Et nous en avons bien besoin ! Quoi que ici à Bordeaux les gens me semblent moins déprimés qu’à Paris…
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