Le grand débat : reflet du problème de mentalité française ? (pensée T1-2019)

À écouter les propositions du grand débat, où chaque français a bien pris soin de taxer quelque chose qui concerne son voisin, mais surtout pas lui, j’ai quelques constats qui me reviennent en tête. Il n’en fallait pas plus pour que ce sujet devienne l’objet de la méditation du 1er trimestre 2019.

 

Ce grand débat, même si l’idée semble bonne sur le papier, le résultat est que j’ai l’impression qu’on donne la parole à des gens « moyens », qui plutôt que de chercher et proposer de vraies améliorations « gagnant-gagnant » (mais qui n’auraient nécessairement des résultats qu’à moyen ou long terme), cherchent surtout dans la poche de quel voisin ils vont pouvoir prendre pour améliorer leur propre situation…
Et dire que si notre ami Edouard Philippe, l’entêté des combats secondaires, avait lâché plus tôt sur la taxe essence, en étant moins déconnecté de la réalité terrain de la population de campagnes déjà délaissées, on n’en serait sûrement pas arrivé à ces pitreries-là…

On est tombé tellement bas dans ce Grand Débat que celui qui a peu de revenus va proposer de taxer les hauts-revenus, celui qui a peu de patrimoine va proposer le retour de l’ISF, et celui qui a des hauts revenus et un patrimoine important va proposer une augmentation de la TVA (officiellement pour diminuer les taxes sur l’emploi…). Bref, pour régler tous les problèmes de la France, la solution la plus intelligente semble être de proposer une taxe sur le voisin en veillant bien à ce qu’elle ne nous concerne pas nous-même.

Quant aux réflexions autour de la sur-adminstration de la France, elle semble passée au second plan. Si Ayn Rand devait écrire un roman aujourd’hui, en s’inspirant de notre beau pays, elle s’en pourrait probablement s’en donner à coeur joie.

Quand je vois les débats voler aussi haut qu’une rengaine « Regardez celui-là, il a ça, c’est pas normal, alors que moi… », je pense à Kiyosaki qui expliquait que les gens savaient qu’il était devenu riche à partir de rien, sans héritage, mais que la question qu’on ne lui posait jamais était « comment il avait fait ? » Alors que pourtant quiconque l’aurait posé aurait pu apprendre beaucoup pour l’appliquer à ses projets, car il l’aurait conseillé avec enthousiasme.

Et je me dis que la démocratie participative est une illusion qui ne peut pas fonctionner. En effet, on critiquais les politiques qui ne réfléchissent qu’à court terme et avec leur intérêt personnel de réélection. Mais en démocratie participative, c’est chaque individu qui réfléchit et propose individuellement en fonction de son intérêt personnel à court terme, en oubliant les grandes ensembles, les interactions, les problèmes complexes, et en étant incapable de raisonner en 2nd niveau de pensée.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Il peut y avoir des gens qui revendiquent légitimement. Mais il y en a aussi, qui ont de bien meilleures cartes en mains que ces derniers, et qui sont incapables d’admettre que si quelque chose ne leur convient pas, cela provient de ce qu’ils auraient pu faire et n’ont pas fait, de ce que le voisin a fait de plus, de ce qu’il pourraient changer chez eux, etc.

Mais il est plus aisé de regarder le voisin avec jalousie, et de s’imaginer à inventer une nouvelle taxe qu’il va devoir payer, que d’admettre ses erreurs et d’envisager un changement pour soi.

La mentalité française vire vraiment de plus en plus vers une mentalité de pénurie plutôt qu’une mentalité d’abondance, et c’est bien regrettable pour l’avenir à long terme de ce pays…

D’ailleurs, ce mouvement qui au début s’élevait contre la taxe de trop, et pour lequel mon côté à la fois rural et entrepreneur a pu avoir au début une certaine sympathie, ne va-t-il pas in fine, ironie du sort, aboutir à la création de quelques nouvelles taxes supplémentaires ?

Si on ajoute à ça la commission européenne qui a récemment bloqué la fusion Alstom/Siemens qui était destinée à créer un leader industriel autour du ferroviaire, alors que les américains ne se privent pas quant à eux pour laisser les Gafa dominer le monde sur le high-tech, sur lequel on est nous européens complètement dans les choux…

Donc pour résumer, quand elle a la possibilité de créer un leader mondial compétitif, l’Europe, celle que l’on nous vend à longueur de temps comme indispensable, comme notre « bienfaitrice ultime », choisit de se tirer une balle dans le pied !

Le résultat de tout ça, est que j’investissais beaucoup jusque-là dans des entreprises françaises, et que je m’aperçois que je finis actuellement par investir de plus en plus dans des entreprises américaines…

  1. Et vous que pensez-vous du contexte français actuel ? Influe-t-il sur vos décisions d’investissements en bourse ou en immobilier ?

 

Le grand débat : reflet du problème de mentalité française ? (pensée T1-2019)
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2 thoughts on “Le grand débat : reflet du problème de mentalité française ? (pensée T1-2019)

  1. Kevin

    Je suis un peu déconnecté de tout ça. Je ne fais pas mes investissements en fonction du contexte du pays mais plutôt sur les fondamentaux. J’ai du mal avec cet aspect macro qui, il est vrai, influe sur certains investissements. J’ai un peu le même ressenti que toi sur le climat en France, je l’ai bien vu lors des manifestations des gilets jaunes. Chacun essaie de tirer la couverture à lui sans prendre un peu de recul par rapport à la situation générale. Je reste cependant très stoïque par rapport à tout ça et essaie de faire avancer les choses à mon niveau.

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  2. Marc

    Je suis d’accord avec vous, il est vrai qu’il y a un problème autour de ce sujet. Je me demande vraiment sur quoi cela va déboucher…

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