Autoroute du millionnaire : Faut-il être optimiste ou pessimiste pour l’emprunter ?

 L’autoroute du millionnaire.

Cette formule d’autoroute du millionnaire est emprunté au célèbre livre de MJ DeMarco, évoqué dans un précédent article/vidéo.

Aujourd’hui, nous allons aller un peu plus loin, en se demandant s’il vaut mieux être optimiste ou pessimiste pour non seulement emprunter cette fameuse autoroute du millionnaire, mais également rester sur celle-ci le plus longtemps possible.

Bonjour à tous les lecteurs du blog Mes investissements ou de mes livres. Aujourd’hui, on va voir s’il faut être optimiste ou pessimiste pour être riche ou pour devenir millionnaire. On va voir que la réponse est peut-être moins évidente, qu’elle paraît un peu plus complexe.

Transcript :

Faut-il être optimiste ou pessimiste pour emprunter l’autoroute du millionnaire ?

Une première réponse évidente.

Évidemment, la réponse la plus évidente, c’est qu’il faut avoir une certaine dose d’optimisme.

Si on raisonne par l’absurde, si vous êtes totalement pessimiste et que vous pensez que tout va s’écrouler, vous allez intégralement avoir votre patrimoine placé dans du cash qui ne rapporte rien. Et évidemment, ce n’est pas comme ça que vous allez vous enrichir.

J’ai envie de dire,  je peux même prendre l’exemple un peu extrême où, finalement vous pensez que tout va s’écrouler. Alors, ce n’est même pas du cash qu’il vous faut : ce sont des pâtes, du PQ, un fusil pour que personne ne vienne vous piquer vos pâtes… Et puis vous n’avez plus qu’à attendre l’apocalypse ainsi équipé.

Donc, évidemment, si on est 100% pessimiste, on ne peut pas s’enrichir.

Mais ce n’est pas si simple…

Mais c’est pour ça que je disais que ce n’est pas aussi simple que ça.

Si vous voulez rester sur les rails de l’autoroute du millionnaire, il y a quand même un moment dans votre carrière d’investisseur où il va falloir être quand même un petit peu pessimiste.

Jesse Livermore  : un optimiste sur l’autoroute du millionnaire.

Et alors pour vous expliquer pourquoi ? Comment ? Quand ? Je vais commencer par une petite anecdote, avec l’histoire de Jesse Livermore. Jesse Livermore c’est le plus grand tradeur des années 1920. Vous en avez peut-être déjà entendu parler.

Si vous êtes intéressé à cette époque-là, vous savez qu’à 30 ans, il avait déjà fait avec ses investissements en Bourse une fortune  l’équivalent de 100 millions d’euros actuels environ.

Et donc, en 1929, au moment de la fameuse crise et du fameux krach boursier de 1929, il était l’un des plus grands traders de la place et connu comme tel à Wall Street. Alors, lors la fameuse semaine du krach et du Jeudi noir donc où la Bourse avait perdu un tiers de sa valeur, il est rentré chez lui. À l’époque, en plus, beaucoup de traders investissaient sur marge, etc. Dont beaucoup étaient ruinés : ce sont les fameuses anecdotes ou ils jetaient des fenêtres pour se suicider.

Et donc, en rentrant chez lui, il a trouvé chez lui sa femme, sa mère, qui étaient en pleurs, imaginant évidemment qu’il était ruiné compte-tenu qu’il vivait de la bourse et qu’il était généralement très exposé aux actions. Donc, notre Jesse a mis un petit moment à percuter. Et puis, il a fini par leur annoncer qu’il avait fait la plus grande journée de bourse de sa vie et qu’il ne s’était jamais autant enrichi que ce fameux jour du jeudi noir du krach. En effet, dans un élan de génie et de chance, il s’était mis en short, donc court sur le marché. Il avait vendu à découvert les actions ce jour-là et il avait fait l’équivalent de 3 milliards d’euros actuels en une seule journée ! Une vitesse folle atteinte sur l’autoroute du millionnaire !

Donc, il a retrouvé finalement sa femme, sa mère, en pleurs quand il est rentré chez lui pour devoir leur expliquer qu’ils n’avaient jamais été aussi riche que ce jour-là !

Une dose de pessimisme n’aurait pas fait de mal…

Sauf que l’histoire n’est pas finie et ne s’arrête pas là.

Finalement, après 1929, Jesse Livermore a continué à investir. Il s’est de plus en plus engaillardi, auréolé  par son coup d’éclat effectué lors du krach. Il s’est de plus en plus exposé pour finir en 1932 ou en 1933 totalement ruiné, à l’image des fameux traders qui sautaient des buildings la semaine du krach trois, quatre ans plus tôt…

Devenir riche et rester riche : des compétences et une balance optimiste /pessimisme différente pour rentrer sur l’autoroute du millionnaire que pour y rester.

Donc, en fait, pourquoi je vous raconte cette anecdote, c’est que Livermore, en fait il avait des compétences pour devenir riche, mais il avait moins de compétences pour le rester !

Rester riche, alors ça peut vouloir dire tout. Mais en gros quand vous avez atteint un certain niveau de patrimoine, ça peut être le fameux million que beaucoup d’entre vous cherchent… Cela commence à demander des compétences un peu différentes qu’au moment où vous l’avez fait. Il faut commencer à être un peu plus pessimiste pour rester riche que pour le devenir.

Se maintenir longtemps sur l’autoroute du millionnaire ne demande pas tout à fait les mêmes compétences que celles que vous aviez mis en oeuvre initialement pour déboiter et aller rouler sur la voie de gauche.

Le pessimisme : utile pour identifier ce qui pourrait vous sortir du business.

Il faut en gros voir ce qui pourrait vous sortir du business,  de cette autoroute du millionnaire, et puis une fois cela identifié, faire ce qu’il faut l’éviter.

Parce que finalement, c’est le phénomène un peu des intérêts composés, et de la longévité dont on parlait dans une autre vidéo. Plus longtemps, vous restez dans la partie, plus le phénomène des intérêts composés va jouer et plus vous vous enrichirez. Mais il ne faut pas se faire sortir de la partie, en allant vous encastrer+9 dans le rail central de l’autoroute du millionnaire.

Madoff et l’autoroute du millionnaire.

Pour donner un exemple un peu plus contemporain, Bernard Madoff est connu pour le plus grand montage frauduleux de type Ponzi depuis Charles Ponzi lui-même. Tout le monde a entendu parler de Madoff

Mais avant de monter la fraude qu’il l’a gratifié d’une telle célébrité, ce qu’on ne sait pas, c’est que Madoff était à la tête d’un très bon business, assez lucratif et tout à fait légal. C’était une entreprise de courtage, de brokerage, qui marchait pas mal, et qui lui a rapporté une somme d’argent tout à fait décente. Sauf qu’il n’a pas su s’arrêter. Il en a voulu plus et il a été jusqu’à monter le montage frauduleux qui l’a conduit à sa perte telle qu’on la connaît.

Madoff était donc sur la voie de gauche l’autoroute du millionnaire, et avait tout pour pouvoir y rester, mais en conduisant au delà des limites il s’est mis au tas…

autoroute du millionnaire en immobilier

 

Le 3ème compère oublié de Warren Buffet et Charlie Munger.

Pour donner un autre exemple, on connait tous Warren Buffet, on connait son associé de longue date, Charlie Munger. Les deux sont multi milliardaires.

Ce que l’on ne sait pas parce qu’il sorti un peu des tablettes, c’est qu’il y a 40 ans, c’est qu’il y avait au départ un troisième larron qui s’appelait Rick Guerin.

Et ce fameux Rick Guerin, pourquoi a-t-il a fini par sortir des tablettes ?

Qu’est-il arrivé à Rick Guerin ?

Un jour, d’ailleurs, un journaliste a interrogé Buffett lors d’une interview pour savoir ce qui lui était arrivé et ce qui s’était passé. Et Buffett a répondu :

Charlie et moi, on savait qu’on deviendrait un jour très riche, mais on n’était pas pressé d’être riche et on savait que ça finirait par arriver. Rick, quant à lui, était aussi intelligent que nous, mais il était pressé.

Voilà ce que Buffett a répondu. En fait ce qui s’est exactement passé, c’est que ce fameux Rick Guerin, il avait du levier dans ses investissements et il avait investi sur marge en Bourse lors du marché baissier de 1974. Puisqu’ayant investi sur marge, il a eu des appels de marge. Il a dû rembourser et Buffett est, entre guillemets, venu à son secours en lui rachetant ses actions : il lui à l’époque racheté des parts A de Berkshire Hathaway  à 40 dollars à l’époqu. Or, ce sont des actions, les parts A de Berkshire, qui, aujourd’hui valent  300 000 dollars pièce. Vous voyez, il a été contraint de la revendre à 40 dollars. Aujourd’hui, elles valent 300.000… Et c’est pour ça qu’il est sorti des tablettes.

Donc, en gros, il faut savoir rester dans la partie et donc être assez pessimiste pour ne pas vous faire sortir du jeu, dérailler de l’auotoroute du millionnaire. Et alors avec la longévité, les intérêts composés joueront pour vous.

Une question d’un lecteur intéressante sur ce débat optimiste/pessimisme pour devenir riche et le rester.

Je vais rebondir sur une question qu’on m’a posée récemment sur un lecteur de mes livres. Je ne sais plus trop si c’était lié à mon livre d’initiation Construisez gérer votre patrimoine avec succès ou à un article ou une vidéo que j’avais faite juste après le Covid sur le patrimoine idéal en terme de répartition d’actifs pour faire face aux incertitudes de la crise covid.

Il me disait en gros : “pourquoi tu préconise toujours entre 20 et 30 % de cash et équivalents, donc en gros PEL, Fonds Euros, etc. Alors qu’avec des taux d’intérêt aux alentours de 1%, ça ne rapporte plus rien. Je ne comprends pas cette recommandation d’allocation d’actifs, surtout que voilà on est à 1%… Alors que l’on a les actions, l’immobilier, où on peut espérer des rendements plus proches de 10% et là on est à 1%…. Il n’y a pas de raison d’avoir 20% ou 30% en cash et équivalents…”

Sauf qu’en fait, ce n’est pas si simple. Parce que si d’avoir ces 20% à 30% de cash dans un coin qui ne rapportent quasi rien, c’est ça qui vous donne la force psychologique ne pas avoir à vendre vos actions quand c’est la panique en plein  krach, comme c’était le cas en mars 2020 pendant le covid, comme c’était le cas en 2008, voire d’en acheter un peu plus… Eh bien en fait, ces 20% de cash assimilés vont vousr remporter largement plus de les 1% facial affiché puisque vous n’avez pas vendu des actions au pire moment. Et c’est ça qui vous permet de faire votre performance sur le marché actions.

Du cash qui rapporte seulement 1% facialement mais beaucoup + en 2nd niveau de lecture !

Parce que si on n’a que des actions : imaginez, vous êtes 100% actions, vous avez rien d’autre en épargne financière, peut-être un peu d’immobilier à coté et vous êtes 100% actions en épargne financière. Vous avez un peu d’immobilier à coté quand vous êtes en plein krach, c’est à dire que vos avoirs sont divisés par deux en quelques mois.

C’est difficile de  ne pas les vendre parce que vous vous dites j’ai un peu d’immobilier à coté, mais peut-être qu’il me faut un peu de sécurité, etc. Vous allez avoir peur de tout perdre. Si vous avez peur de tout perdre, vous allez sortir au plus mauvais moment… Or, on s’enrichit en bourse quand on achète des bonnes entreprises et qu’on dort sur ses deux oreilles pendant des années sans y toucher. Presque, il ne faut jamais vendre, entre guillemets si vous avez bien choisi quand vous achetez, vous ne devez pas vendre en Bourse.

En gros, si ces 20 à 30% de cash et équivalents vous permettent justement de tolérer la volatilité des actifs comme la bourse qui varie, etc. Ça va vous permettre en fait de faire la fameuse performance du marché actions que vous ne faites pas si vous avez des mouvements à contretemps, etc. Et donc, en fait, ils vont in fine dans votre patrimoine rapporter beaucoup plus que les 1% de rendement qu’ils affichent facialement.

Formation Bourse:formation bourse autoroute du millionnaire

 

Alors, pessimisme ou optimisme pour l’autoroute du millionnaire ?

Donc, en fait, pour conclure cette vidéo et revenir à notre question initiale. Faut-il être optimiste ou pessimiste pour être riche, être millionnaire, devenir riche, devenir millionnaire ?

En fait, il faut déjà être optimiste. Au départ, vous êtes obligés parce que si vous n’êtes pas optimiste, vous n’allez jamais acheter d’actifs productifs comme les actions ou l’immobilier, qui sont ceux qui vont vous permettre de vous enrichir. Ou alors, vous n’allez jamais vous lancer dans l’entrepreneuriat, ce qui est une autre façon de vous enrichir.

Mais ce n’est pas suffisant de s’arrêter là, sinon vous risquez de vous crashez une fois bien lancé sur la voie de gauche de l’autoroute du millionnaire.

Ainsi, il va falloir commencer à être un peu plus pessimiste quand vous allez avoir besoin d’une compétence supplémentaire et qui est un peu différente que la compétence consistant à savoir devenir riche, qui est la compétence de savoir rester riche.

C’est une compétence qui fait appel, comme on l’a vu dans nos exemples, à quelques paramètres légèrement différents. Et donc là, il faut intégrer une dose de pessimisme, surtout pour identifier les risques qui pourraient vous sortir de la partie puisque c’est sur la durée que vous allez gagner la partie grâce à votre longévité.

Je fais un petit remerciement au livre The psychology of Money dont j’ai tiré certains exemples.

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Les livres sur l’investissement immobilier locatif :


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