L’investisseur doit-il croire les chiffres ? Quelle est l’inflation réelle ?

L’investisseur doit-il croire les chiffres ? Quid du vrai chiffre de l’inflation réelle ?

Les investisseurs regardent naturellement beaucoup de chiffres.

Faut-il croire les chiffres ? pourquoi se poser cette question qui parait presque philosophique ? Car, que l’on soit un investisseur en Bourse ou dans l’immobilier, on va jeter un oeil à beaucoup de chiffres : des stats économiques, des graphiques, des tendances…

Pourquoi ? Puisque à un moment donné, on se pose des questions, forcément. Ce n’est pas une aventure si facile que ça d’être investisseur.  On a peur de faire des erreurs, l’environnement extérieur change, on se pose des questions sur notre stratégie, etc.

De plus, on est de toutes façons un peu inondés de chiffres que l’on aille ou non les chercher nous-mêmes. Si on ne va pas les chercher, ils vont venir à nous par les sources d’information : magazines, journaux télévisés grand public, bruits de discussions avec des amis.

Et à un moment donné, l’investisseur va être attiré par ces chiffres. Il va vouloir regarder ce qui peut se passer à l’avenir, s’il n’est pas en train de se planter, etc.

 

Donc faut-il croire les chiffres ?

Alors oui, il faut croire les chiffres. Par contre, il faut savoir ce qu’on regarde. Par exemple, tout le monde connait les effets visuels avec les graphiques : c’est à dire qu’ en jouant sur les échelles, en partant pas à zéro, on peut finalement faire dire beaucoup de choses aux graphiques. Et selon comment on le présente, finalement sur une même donnée on peut faire dire à un graphique tout et son contraire. En tout cas, il est a minima possible d’atténuer la vérité, de l’orienter un peu dans son sens.

C’est d’ailleurs ce que s’amusent beaucoup à faire les économistes qui sont marqués politiquement ou qui travaillent pour des partis. Ils ont une statistique : ils savent en tirer le message qu’ils veulent donner.

Il faut faire attention à ça et il faut être bien conscient qu’à partir du moment où on a une stat ou un chiffre, il faut comprendre ce qui est derrière et ce n’est pas si facile que ça.

vraie inflation - seuil pauvreté

Faut-il croire les chiffres : L’exemple du chiffre du seuil de pauvreté en France.

Mon exemple favori là-dessus, c’est le fameux seuil de pauvreté.

Vous allez entendre en France, souvent aux journaux télévisés, qu’il y a “8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté”.

Alors, je vais vous poser une question :

Quel serait ce chiffre si on augmentait du jour au lendemain dans un claquement de doigts, à partir de demain, le revenu mensuel de l’ensemble de la population française en le doublant ?

Vous avez un salaire, vous gagnez 1500 euros, vous gagnez 3000 euros à partir de demain, celui qui en gagne 1000, en gagne 2000, un qui gagne de 10000 € en gagne 20000. Et ça, on le fait bien à inflation constante, c’est à dire qu’on ne perd pas d’argent. Enfin, on ne perd pas de valeur de l’argent, etc. C’est… théorique. Mais voilà, je vais vous poser la question. Donc, si avant que tout le monde double son salaire, il y avait 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté. Combien on en a après ? À partir du moment où on a doublé le salaire de tous les Français, combien on a de personnes en dessous du seuil de pauvreté ?

La réponse est qu’on a toujours 8 millions !

Pourtant, on a l’impression que le niveau de vie s’est arrangé et qu’on a pourtant moins de pauvres. Tout simplement c’est à cause de la définition du seuil de pauvreté en France et en Europe qui est différente des définitions du seuil de pauvreté qui peuvent être appliquée dans d’autres pays, comme des pays en voie de développement ou des pays Anglo-Saxons comme les Etats-Unis ou le Canada :

  • Aux États-Unis ou au Canada, le seuil de pauvreté, pour calculer le seuil de pauvreté, on va vous prendre un certain niveau de revenu nécessaire pour assurer une subsistance correcte  chaque mois par unité de consommation. Et si c’est 1000 dollars qu’il faut pour cela , on va conclure que tous ceux qui sont en dessous de 1000 dollars de revenus sont en dessous du seuil de pauvreté. C’est donc un seuil de pauvreté en valeur absolue.
  • En Europe, on ne raisonne pas comme ça. On prend le revenu médian de la population, et on considère qu’à partir du moment où on est en dessous de 60% du revenu médian, on est en dessous du seuil de pauvreté. C’est comme ça que l’on définit le seuil de pauvreté. C’est à dire que contrairement au seuil de pauvreté dit absolu comme aux États-Unis, au Canada, en France et en Europe nous avons un seuil de pauvreté dit relatif.

Donc, à partir du moment où on a cette définition là, que l’on dit : on prend le revenu médian et on prend 60% du revenu médian, et tous ceux qui sont en dessous sont considérés comme en dessous du seuil de pauvreté… Si demain par miracle, tout le monde arrivera à doubler ses revenus, finalement, on double le revenu médian avec la même proportion de population en dessous et en et au-dessus de 60% de ce revenu médian. Et, finalement, vous avez toujours les 8 millions de personnes que vous aviez avant ce miracle !

Et pourtant, combien de politiques donnent des arguments sur le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté en France, alors que l’Insee le définit comme un seuil de pauvreté relative ?

Combien de gens qui le savent quand on entend aux infos parler du seuil de pauvreté ? Très peu…

Quel est le le vrai chiffre de l’inflation réelle ?

Sur la question, faut-il croire les chiffres, en tant qu’investisseurs, il y a un chiffre qui nous intéresse particulièrement, c’est celui de l’inflation. Faut-il croire ce chiffre de l’inflation ?

Nous sommes beaucoup à s’étonner de voir d’une part que le chiffre de l’inflation est annoncé entre 0 et 1% depuis plusieurs années. Et pourtant à avoir l’impression d’autre part que tout augmente. Pour se loger, ça augmente par exemple, en tout cas que le prix des actifs augmente et que tout est de plus en plus cher quand on investit.

Et en fait, la réponse à ce paradoxe est pourtant assez simple. Finalement, c’est peut-être juste que personne ne se pose la question de la définition de l’inflation. Je parle de la définition de l’inflation telle que calculée par l’Insee.

Du coup, je l’ai extraite sur le site de l’Insee :

L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie, qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix… (NDLA : jusque-là OK). Elle doit être distinguée de l’augmentation du coût de la vie. La perte de valeur des unités de monnaie est un phénomène qui frappe l’économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories d’agents. Pour évaluer le taux d’inflation, on utilise l’indice des prix à la consommation IPC.  Le phénomène inflationniste couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages.

Je crois qu’on a tout dit avec cette dernière phrase: dans la consommation des ménages, on met une certaine part de choses, mais par exemple pas la part de l’immobilier à sa juste valeur. Il y a en fait un phénomène parallèle de perte de la monnaie, de perte de la valeur de la monnaie vis à vis du prix des actifs. Il est dû finalement au phénomène du quantitative Easing et d’impression de monnaie que l’on a eu et potentiellement a encore plus ces derniers temps avec les plans de soutien au Covid.

Donc, voilà, il faut faire attention quand on dit qu’il n’y a pas d’inflation. Il n’y a pas de hausse de l’indice des prix à la consommation. L’Insee dit lui-même que l’indice des prix à la consommation ne représente pas une mesure complète de l’inflation.

Conclusion sur faut-il croire les chiffres pour l’investisseur.

Donc, voilà, il faut être vigilant sur tous ces chiffres. Donc, les chiffres, c’est bien, mais il faut vraiment savoir ce qu’il y a derrière et comment ils sont calculés. c’est à dire qu’il ne faut pas vous contenter du tableau. L’Insee fait du travail intéressant on est d’accord, mais il faut savoir ce qui est derrière, c’est à dire qu’il ne faut pas être au premier niveau de lecture, il faut être au deuxième niveau de lecture et avoir creusé derrière les chiffres, pourcentages, statistiques, tableaux et autres graphiques. Cela va s’appliquer à vos investissements boursiers comme immobiliers.

 

 

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